Une blessure plus sérieuse que prévu ? Les rumeurs autour du poignet d’Isack Hadjar expliquent peut-être pourquoi son retour chez Red Bull se fait attendre
Isack Hadjar enchaîne les forfaits. Le pilote français de Red Bull manque ce week-end son troisième Grand Prix consécutif, toujours remplacé par Liam Lawson. Si l’écurie se veut rassurante, plusieurs éléments peuvent expliquer pourquoi le retour du Français se fait attendre.
L’annonce est tombée lundi : Isack Hadjar n’est toujours pas suffisamment remis pour reprendre le volant de sa RB22 sur le nouveau tracé madrilène. Blessé au poignet lors d’une séance de boxe pendant la trêve estivale, le Français avait déjà dû renoncer aux Grands Prix des Pays-Bas et d’Italie.
Ce qui devait être une absence relativement courte commence donc à s’étirer. Red Bull ne semble pas vouloir prendre le moindre risque avec son jeune pilote.
Plusieurs éléments permettent de comprendre cette prudence, même si l’écurie n’a pas communiqué publiquement tous les détails concernant la blessure.
La rumeur d’une blessure plus importante
La version officielle fait état d’une fracture au poignet après un accident survenu lors d’une séance de boxe. Mais une autre hypothèse circule dans le paddock.
Beatrice Frangione, journaliste pour l’édition italienne de Motorsport.com, a ainsi évoqué cette semaine un possible problème touchant également un tendon. « Les rumeurs du paddock parlent d’un problème de tendon déchiré. Lorsqu’il y a une blessure de ce type, la récupération est certainement beaucoup plus longue que prévu », a-t-elle expliqué.
Cette information n’a pas été confirmée par Red Bull. Elle permet toutefois de mettre en perspective les différents reports du retour de Hadjar, alors que le Français était initialement attendu pour le Grand Prix des Pays-Bas.
Une blessure au poignet est particulièrement contraignante pour un pilote de Formule 1. Le volant impose des efforts importants et répétés, notamment dans les phases de freinage et lorsque la monoplace passe sur les vibreurs. Red Bull préfère donc attendre que son pilote soit réellement capable de supporter ces contraintes plutôt que de précipiter son retour.
Hadjar n’est pas resté totalement éloigné de sa monoplace. Selon le journaliste britannique Adam Cooper, le Français a notamment effectué une séance d’évaluation dans le simulateur de Red Bull à Milton Keynes avant le Grand Prix d’Italie. Cette évaluation devait permettre de vérifier si son poignet était suffisamment solide pour supporter les contraintes d’un week-end de F1. Le constat aurait finalement conduit l’équipe à repousser une nouvelle fois son retour.
Laurent Mekies a depuis fixé une ligne directrice très claire. Le directeur de Red Bull veut récupérer Hadjar lorsqu’il sera à « 100 % ».
Bakou et Singapour ne sont pas les circuits rêvés pour un retour
Le calendrier ne facilite pas non plus les choses. Après Madrid, la Formule 1 bénéficiera d’une semaine de pause avant de se rendre à Bakou, puis à Singapour.
Deux circuits urbains particulièrement exigeants pour un poignet encore convalescent. À Bakou comme à Singapour, les pilotes doivent composer avec les murs très proches, les gros freinages et les nombreux passages sur les vibreurs. Les contraintes sont permanentes et la moindre erreur peut rapidement se traduire par un contact avec les protections.
Par conséquent, Red Bull n’a aucun intérêt à imposer à Hadjar un retour précipité. Attendre une semaine supplémentaire pourrait être préférable à une reprise trop tôt suivie d’une aggravation de sa blessure.
L’écurie autrichienne peut aussi se permettre cette patience parce que Liam Lawson assure correctement l’intérim. Le Néo-Zélandais a immédiatement donné satisfaction à Zandvoort, où il a décroché une belle septième place. Une performance qui avait alors permis à Red Bull de récupérer de précieux points et conforté l’idée que l’équipe disposait d’une solution crédible en attendant le retour de Hadjar.
La suite a été moins convaincante. Lawson a terminé 14e à Monza et s’est qualifié huitième à Madrid, loin du niveau de Max Verstappen, troisième sur l’autre RB22. Mais son passage en Q3 dans la capitale espagnole lui permet encore de remplir correctement son rôle de remplaçant.
Surtout, Red Bull n’a aucune raison de prendre un risque médical si son intérimaire est capable de ramener des points.


