Lawson, de l’euphorie à Zandvoort au cauchemar de Madrid

Après son superbe Grand Prix des Pays-Bas, Liam Lawson traverse une nouvelle zone de turbulences avec une Red Bull devenue difficile à cerner à Madrid

Remplaçant d’Isack Hadjar chez Red Bull, Liam Lawson traverse une période beaucoup plus compliquée après l’excellent week-end de Zandvoort. Septième aux Pays-Bas, le Néo-Zélandais a ensuite connu une course discrète à Monza avant de voir sa Red Bull perdre progressivement en compétitivité à Madrid. Huitième des qualifications, il s’interroge surtout sur une dégradation du comportement de la RB22 qu’il ne parvient pas encore à expliquer.

La parenthèse enchantée de Zandvoort semble déjà bien loin. Appelé par Red Bull pour remplacer Isack Hadjar, toujours gêné par sa blessure au poignet, Liam Lawson avait parfaitement saisi l’occasion aux Pays-Bas. Une septième place au terme du Grand Prix avait alors confirmé les espoirs placés en lui et donné une toute autre allure à son intérim au sein de l’écurie autrichienne.

Depuis, le soufflé est nettement retombé. À Monza, Lawson a terminé 14e au terme d’un week-end anonyme. À Madrid, il a bien atteint la Q3, mais sans parvenir à retrouver le niveau affiché à Zandvoort. Huitième sur la grille, il a surtout vu l’écart se creuser avec Max Verstappen, troisième, jusqu’à atteindre 0,352 seconde sur le meilleur tour.

Le résultat final n’est pas catastrophique en soi. Le problème se situe davantage dans la manière dont les qualifications ont évolué pour Lawson. Alors que la Red Bull semblait particulièrement compétitive en début de séance, le Néo-Zélandais a progressivement perdu du terrain. Il avait notamment signé le cinquième temps de la Q1 puis le cinquième de la Q2, avant de reculer au huitième rang lorsque les dix derniers pilotes ont joué la pole.

Lawson lui-même peine à expliquer cette dégradation. « Globalement, tout au long des qualifications, nous sommes devenus de moins en moins compétitifs par rapport à notre point de départ. Vu là où nous étions ce matin, je ne comprends pas vraiment », a-t-il reconnu devant les médias.

Le pilote de 24 ans découvre encore les subtilités de la RB22 et admet manquer de repères lorsque la piste évolue au fil des qualifications. Les réglages qui fonctionnent sur sa monoplace habituelle ne peuvent pas forcément être transposés directement à la Red Bull. « Avec cette voiture, ce que nous faisons pendant les qualifications est évidemment nouveau pour moi. Dans ma voiture habituelle, je sais ce que nous faisons traditionnellement avec l’aileron avant et comment nous évoluons avec la piste. Ici, c’est moins clair pour moi. »

Le constat est d’autant plus frustrant que Lawson estime que la Red Bull avait les moyens de faire mieux. Une partie de l’explication se trouve dans le comportement des pneus. Sur le nouveau circuit madrilène, la chaleur de l’asphalte et les fortes contraintes générées par certains virages ont compliqué la tâche des pilotes pour maintenir les gommes dans leur fenêtre idéale.

Lawson a particulièrement souffert dans le dernier secteur. Après avoir réussi à exploiter correctement ses pneus plus tôt dans le week-end, il a progressivement perdu cette capacité au moment décisif. « Les pneus, honnêtement. Les maintenir dans la bonne fenêtre, surtout tout au long du tour. Pour nous, vers la fin du tour, je luttais énormément dans le secteur 3 », a expliqué le pilote Red Bull.

Le phénomène s’est aggravé au fil de la séance. « Ce n’était pas quelque chose que nous avions plus tôt, donc cela s’est définitivement détérioré. Mais en dehors de ça, il y avait simplement l’équilibre et la confiance dans la voiture. »

La situation est particulièrement visible en Q3. Lawson ne termine qu’à 0,492 seconde de Lando Norris, auteur de la pole, alors que Verstappen place l’autre RB22 sur la troisième place de la grille. La comparaison avec son équipier est donc difficile à éviter.

En quelques semaines, le scénario a changé pour Lawson. Aux Pays-Bas, il avait profité d’un week-end particulièrement réussi pour s’installer dans le rôle du remplaçant capable de saisir sa chance. Depuis, Monza puis Madrid ont rappelé à quel point la marge était étroite au volant d’une Red Bull.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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