La prudence de Charles Leclerc et les incidents de Lewis Hamilton à Madrid relancent les interrogations autour de la gestion des deux Ferrari
Une semaine après le fiasco de Monza, Charles Leclerc et Lewis Hamilton abordent Madrid avec une prudence assez inhabituelle. Le Monégasque semble particulièrement attentif à ne pas provoquer son équipier, et le Britannique donne lui aussi quelques signes de fébrilité depuis le début du week-end.
Le premier signe est venu dès les EL1. Alors que Leclerc cherchait à dépasser Hamilton, engagé sur un tour de sortie, le Britannique a momentanément occupé sa trajectoire. Le Monégasque a immédiatement calmé le jeu à la radio : « Soyons prudents, je ne pense pas que Lewis savait que j’arrivais. »
Une réaction très diplomatique, surtout une semaine après l’accrochage de Monza. Sur Canal, Juien Fébreau a d’ailleurs relevé le ton particulièrement mesuré adopté par Leclerc.
Mais Hamilton a lui aussi donné l’impression d’être un peu moins serein qu’à l’habitude lors de cette première journée. Le pilote Ferrari s’est retrouvé impliqué dans plusieurs situations délicates pendant les essais. Nico Hülkenberg s’est notamment agacé après avoir été gêné par Hamilton dans le dernier virage, tandis qu’Arvid Lindblad a également reproché au Britannique et à Kimi Antonelli de l’avoir gêné dans la spectaculaire La Monumental. D’autres cas similaires se sont produits tout au long de la journée.
Pris séparément, ces épisodes ne veulent évidemment pas dire grand-chose. Les pilotes découvrent un circuit particulièrement compliqué et les trajectoires sont difficiles à lire sur le Madring. Mais leur accumulation interpelle, surtout pour Hamilton, qui doit déjà composer avec une pression importante après son week-end très compliqué à Monza.
Le Britannique avait alors demandé à Ferrari de revoir la manière dont les affrontements entre ses deux pilotes étaient gérés. Leclerc, de son côté, a reconnu qu’il aurait pu mieux agir lors de leur duel en Italie. Les deux hommes ont depuis échangé et assurent que leur relation reste bonne.
À Madrid, leurs premiers échanges donnent pourtant l’impression que chacun avance avec davantage de précautions.
Ferrari demande aussi davantage à ses deux pilotes
Lors des EL2, Alex Brundle a relevé sur F1 TV que Ferrari demandait aux deux pilotes de passer à fond dans le virage 12 afin de travailler notamment sur le déploiement de l’énergie. Hamilton était particulièrement ciblé sur cette portion, où il semblait rencontrer davantage de difficultés, alors que Ferrari perdait également du terrain dans le dernier secteur.
Le résultat reste encourageant au classement : après avoir terminé troisième et quatrième des EL1, Leclerc et Hamilton ont pris les deuxième et troisième places des EL2, derrière Kimi Antonelli. Le Monégasque n’a concédé que 0,113 seconde au leader, Hamilton 0,149.
Ferrari n’est donc pas larguée. Mais Mercedes paraît encore légèrement mieux armée, notamment dans certaines portions du tracé.
Le véritable examen arrivera samedi. Sur un circuit où les dépassements semblent particulièrement difficiles et où les murs sont très proches, Leclerc et Hamilton pourraient difficilement se permettre un nouvel épisode comme celui de Monza.

