Fernando Alonso entretient le doute sur son avenir en F1, mais Mohammed Ben Sulayem veut désormais tout faire pour convaincre le double champion du monde de rester
Fernando Alonso n’a toujours pas décidé s’il poursuivra sa carrière en Formule 1 en 2027. l’Espagnol envisage aussi une reconversion en endurance, mais Mohammed Ben Sulayem veut personnellement tenter de le convaincre de rester dans la catégorie reine.
Le Madring aura été le théâtre d’une drôle de campagne de séduction autour de Fernando Alonso. Le pilote Aston Martin entretient toujours le mystère sur son avenir, et le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem a décidé de s’en mêler directement.
Le dirigeant émirati ne veut surtout pas voir le double champion du monde quitter la F1 dans les circonstances actuelles. Il compte bien lui faire savoir. « Il est hors de question que nous laissions Fernando, un grand champion, partir simplement à cause des circonstances », a lancé Ben Sulayem lors du New Economy Forum organisé à Madrid.
Le président de la FIA estime surtout qu’Alonso ne devrait pas terminer son aventure en F1 après une saison aussi compliquée. Aston Martin a en effet sombré dans la hiérarchie depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation technique et son moteur Honda peine encore à rivaliser avec les meilleures unités de puissance.
Ben Sulayem affirme d’ailleurs avoir rencontré Lawrence Stroll et assure vouloir agir pour aider l’écurie britannique à retrouver le chemin du progrès. Le contexte pourrait laisser penser que les performances catastrophiques de l’AMR26 sont le principal obstacle à la prolongation d’Alonso. Ce n’est pas vraiment le message envoyé par l’Espagnol ces dernières semaines.
Le pilote de 45 ans a expliqué que sa réflexion pour 2027 dépendait davantage de la direction prise par la Formule 1 que de la seule compétitivité de sa monoplace. Les nouvelles règles moteurs et la manière dont les voitures se comportent en piste pèseront lourd dans son choix.
Alonso a notamment fait part de sa frustration face à une F1 qu’il juge éloignée de celle qu’il a connue. Il espère que les prochaines évolutions réglementaires permettront de retrouver davantage de sensations au volant et une discipline qui corresponde davantage à ses attentes. Autrement dit, même une Aston Martin capable de progresser ne suffira peut-être pas à elle seule à le retenir.
Le constructeur travaille pourtant dans cette direction. Les évolutions apportées au châssis ont permis d’entrevoir quelques signes encourageants et Honda a également bénéficié des ajustements réglementaires destinés aux motoristes les plus en retard. Mais les limites de l’unité de puissance japonaise restent particulièrement visibles sur certains circuits, comme l’a encore montré Monza.
La piste du WEC se dessine pour Alonso
Pour la première fois, une véritable alternative commence également à se profiler à l’horizon.
Interrogé à Madrid sur la possibilité de rejoindre Aston Martin en Championnat du monde d’endurance en 2027, Alonso a répondu par l’affirmative. Une perspective qui aurait du sens pour le double vainqueur des 24 Heures du Mans et champion du monde d’endurance avec Toyota.
L’Espagnol ne ferme donc aucune porte. Il pourrait poursuivre en F1, rester lié à Aston Martin dans une autre fonction ou basculer vers l’endurance.
Cette incertitude explique aussi pourquoi Ben Sulayem veut intervenir avant que la décision ne soit définitivement prise. Le président de la FIA estime qu’Alonso mérite une autre fin de carrière en F1. Il refuse de voir un double champion du monde quitter la discipline après avoir passé une partie de sa dernière saison à lutter dans le fond du peloton.
« Ce n’est pas ainsi qu’il doit quitter la scène. Il doit connaître le succès, puis partir quand il le souhaite — pas à cause des performances », a insisté Ben Sulayem. « Il doit rester, gagner, et ensuite il pourra partir quand il le voudra. Je l’ai vu très triste et je lui ai dit : “Dis-moi ce que nous devons faire pour améliorer les performances.” Nous avons effectué des changements, qui étaient légaux, en mai, afin qu’Aston Martin et le moteur Honda puissent progresser. »
Madrid a réservé un accueil particulièrement chaleureux à Alonso. Le public espagnol a même réclamé sa prolongation à grands cris lors de son arrivée sur le nouveau circuit madrilène, alors que le principal intéressé continue soigneusement d’éviter toute annonce sur son avenir.
La FIA n’est donc plus simplement spectatrice du dossier. Ben Sulayem entend désormais peser directement dans la réflexion du pilote Aston Martin.


