Fernando Alonso compare son attaché de presse à Max Verstappen pour dénoncer l’influence de la batterie sur les performances des monoplaces de 2026
Le Grand Prix d’Espagne tourne au cauchemar pour Fernando Alonso. Éliminé dès la Q1 avec le 18e chrono, à près de quatre secondes de la pole de Lando Norris, le double champion du monde a surtout profité de sa sortie de piste pour relancer un vieux débat : celui de l’influence du pilote au volant des F1 de 2026.
Le week-end madrilène ne répond pas aux attentes d’Alonso. Alors qu’Aston Martin semblait avoir retrouvé quelques couleurs lors des dernières courses, l’AMR26 s’est retrouvée très loin du compte sur le nouveau circuit espagnol. Mais le pilote espagnol n’a pas choisi de concentrer ses critiques sur sa monoplace. Pour lui, le problème dépasse largement les performances actuelles d’Aston Martin. Il concerne la manière dont les nouvelles F1 utilisent leur énergie électrique.
Sur le Madring, La Monumental résume particulièrement bien sa frustration, cette longue courbe relevée où les pilotes doivent normalement faire parler leur engagement et leur précision.
Pour Fernando Alonso, ce type de virage devrait justement permettre aux meilleurs pilotes de creuser l’écart. Or, la nouvelle réglementation laisse selon lui trop de place au déploiement électrique et pas assez au talent derrière le volant. « C’est triste qu’avec cette génération de voitures, quand nous arrivons sur un circuit vraiment bon, avec des défis comme La Monumental, l’influence du pilote soit inexistante », a-t-il expliqué à AS.
Alonso décrit une situation assez particulière dans le virage madrilène. La voiture passe une première partie de la courbe à pleine charge, avant que le déploiement du MGU-K ne vienne brutalement modifier la puissance disponible à la sortie.
Pour l’Espagnol, cela réduit mécaniquement la capacité du pilote à faire la différence. « En sport automobile, le pilote le plus courageux devrait être le plus rapide. Si je suis plus talentueux, je devrais aller plus vite. C’est comme ça que les qualifications devraient fonctionner. »
Une comparaison étonnante avec Verstappen
Alonso est ensuite allé beaucoup plus loin pour illustrer son propos. Après avoir déjà utilisé l’exemple du cuisinier d’Aston Martin pour critiquer l’influence de la puissance électrique, il a cette fois pris Michael Clayton, l’attaché de presse de son équipe, comme point de comparaison.
L’idée n’est évidemment pas de prétendre que Clayton pourrait réellement battre Verstappen au volant d’une F1. Alonso cherche plutôt à montrer, par l’absurde, que le niveau de la voiture et la disponibilité de l’énergie peuvent aujourd’hui réduire l’écart que le talent du pilote devrait normalement créer. « Michael peut conduire la voiture dans le virage 12 parce que vous êtes à fond sans déploiement du MGU-K. Puis soudainement, le MGU-K s’enclenche et vous allez très vite à la sortie du virage », a expliqué Alonso.
Avant de pousser son raisonnement jusqu’à Verstappen : « Sur un virage comme La Monumental, Michael ne devrait pas pouvoir être plus rapide que Verstappen simplement parce qu’il a plus d’énergie disponible. Verstappen devrait pouvoir faire la différence par rapport à Michael. Pour le moment, ce n’est pas possible. »
Une formule volontairement provocatrice, mais qui résume le reproche d’Alonso : les qualités du pilote devraient peser davantage dans les endroits les plus exigeants du circuit.
Alonso veut modifier la trajectoire des F1 2026
Le double champion du monde ne s’est pas arrêté à cette comparaison. Interrogé sur les récentes déclarations de Mohammed Ben Sulayem concernant son avenir, Alonso a expliqué qu’il échangeait régulièrement avec le président de la FIA, mais aussi avec Stefano Domenicali.
Son objectif est de pousser les instances à réfléchir à l’évolution de la réglementation avant le prochain grand changement prévu en 2031. « La F1 ne peut pas continuer sur cette voie. Nous ne pouvons pas attendre 2031 pour avoir un sport qui soit à la hauteur. »
Alonso estime donc avoir un rôle à jouer dans cette réflexion, notamment pour que le pilote retrouve davantage d’importance dans les moments où le talent et le courage devraient normalement faire la différence.
À Madrid, son 18e temps en qualifications lui donne peu de raisons de se réjouir. Mais Fernando Alonso a trouvé comme autre terrain sur lequel se battre : celui de la réglementation qui façonne les F1 qu’il pilote aujourd’hui.
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