Lassé de voir Ferrari broyer ses champions, Lewis Hamilton veut rompre la malédiction qui a piégé Fernando Alonso et Sebastian Vettel avant lui

L’histoire est un éternel recommencement, surtout à Maranello. La Scuderia Ferrari a cette capacité unique à attirer les plus grands champions du monde, puis, souvent, à les broyer. Fernando Alonso est arrivé en double champion, il est reparti épuisé et sans titre. Sebastian Vettel est arrivé en quadruple champion, il est reparti l’ombre de lui-même, usé par les luttes intestines et une voiture peu convaincante.
Lewis Hamilton connaissait cette histoire. Il l’avait tellement bien étudiée qu’il avait même pris le soin d’appeler Vettel pour lui demander conseil avant de signer son contrat. Aujourd’hui, après une première saison en rouge qui confine à la déception, le septuple champion du monde se retrouve exactement face aux mêmes murs que ses prédécesseurs.
Mais Hamilton a décidé que l’histoire ne se répéterait pas. Il refuse d’être le prochain nom sur la liste des champions brisés par Maranello. Pour cela, il a changé de méthode. Il n’est pas seulement pilote, il est devenu un lobbyiste interne, un réformateur qui tente de secouer l’institution de l’intérieur.
Selon une information du Corriere della Sera, la frustration d’Hamilton face à l’immobilisme de l’équipe a atteint un nouveau seuil. Le pilote britannique aurait récemment envoyé un “nouveau rapport” à la haute direction de Ferrari. Un de plus.
Ce n’est pas une simple doléance. Depuis des mois, Hamilton envoie ce qu’il appelle des “documents” à ses dirigeants. Des analyses méthodiques où il pointe ce qui ne va pas : les méthodes de travail, la communication défaillante entre les départements, et surtout, l’exécution désastreuse des week-ends de course.
Le rapport du journal italien précise que Hamilton “s’attendait à avoir plus d’influence” sur les décisions. Il se retrouve à la place “confronté à une série de demandes non entendues et à devoir lutter contre la politique interne” pour obtenir des améliorations. C’est le portrait exact de la situation vécue par Alonso et Vettel.
“Je refuse que ce soit mon cas”
Cette frustration, Hamilton ne la cache même plus en public. Son intervention après les qualifications de Singapour était d’une clarté cinglante. Il y pointait une “faille” récurrente : la gestion de la file d’attente dans la voie des stands.
“Ça arrive tous les week-ends”, a-t-il lâché, visiblement agacé. Il expliquait que cette attente faisait chuter la température de ses pneus de “cinq ou six degrés”, une erreur qui oblige ensuite à surconduire dans le tour de sortie, ruinant le pic de performance de la gomme.
Mais la phrase la plus terrible, celle qui illustre le combat qu’il mène, est celle-ci : “Je ne sais pas s’ils [Ferrari] s’en rendent bien compte.” Le septuple champion du monde, l’un des pilotes les plus expérimentés de l’histoire, n’est pas sûr que son équipe comprenne un problème technique aussi fondamental.
C’est là que la détermination d’Hamilton diffère de la résignation de ses prédécesseurs. Il sait ce qui s’est passé avant lui, et il l’a dit lui-même lors d’une prise de parole à Spa en juillet.
“Si vous regardez l’équipe au cours des 20 dernières années, ils ont eu des pilotes incroyables. Vous avez eu Kimi, vous avez eu Fernando, vous avez eu Sebastian. Tous champions du monde. Cependant, ils n’ont pas gagné de championnat du monde avec Ferrari. Et je refuse que ce soit mon cas.” (NDLR : Il faisait référence au deuxième passage de Raikkonen chez Ferrari, car rappelons-le, Ferrari doit son dernier titre pilote au Finlandais)
Hamilton n’est pas venu à Maranello pour s’adapter à la culture Ferrari. Il est venu pour la forcer à changer. “Je sens que c’est mon travail de challenger absolument chaque domaine, de challenger tout le monde dans l’équipe, en particulier les gars au sommet qui prennent les décisions.”
Can’t wait to hit the track again 💥🔜🇺🇸 pic.twitter.com/x7ErrHdBaB
— Scuderia Ferrari HP (@ScuderiaFerrari) October 16, 2025