La Scuderia cache son jeu : la Ferrari 2026 testée en Espagne servira de base avant un package bien plus ambitieux pour l’Australie.

La future monoplace de 2026 doit faire ses premiers tours de roue officiels lors des essais de Barcelone, mais les ingénieurs de la Scuderia travaillent déjà sur une version profondément remaniée pour l’ouverture de la saison en Australie. Ferrari s’apprête à jouer une partition en deux temps pour aborder la révolution technique la plus complexe de l’histoire moderne de la F1.
Lors du traditionnel “filming day” et des premiers tests en Espagne, la voiture que nous verrons en piste aura pour mission principale de valider le package mécanique. L’objectif est de s’assurer que le nouveau moteur V6 hybride respire correctement malgré des radiateurs drastiquement miniaturisés pour favoriser l’aérodynamique.
À ce stade, l’équipe ne cherchera pas la vitesse pure. L’idée est de vérifier que tout le système électrique de 350 kW fonctionne sans surchauffe. Ce n’est qu’une fois cette base technique stabilisée que Ferrari dégainera sa « version B » pour l’Australie. Cette stratégie permet de garder secrètes certaines solutions aérodynamiques le plus longtemps possible, évitant ainsi que des rivaux comme McLaren ou Red Bull ne copient des concepts innovants avant même le premier Grand Prix.
L’une des indiscrétions techniques les plus sérieuses concerne la suspension avant. Selon Paolo Filisetti, expert reconnu du paddock, Ferrari pourrait abandonner le système pullrod (à tirants) utilisé en 2025 pour revenir au pushrod (à poussoirs).
Les nouvelles règles de 2026 introduisent l’aérodynamique active, ce qui nécessite d’installer des commandes hydrauliques complexes pour piloter les volets de l’aileron avant. Le système pushrod libère un espace crucial dans la partie supérieure du châssis pour loger ces composants tout en optimisant le flux d’air vers le fond plat.
Grâce à sa quatrième place au championnat des constructeurs 2025, Ferrari dispose d’un avantage non négligeable : un quota d’heures en soufflerie et de simulations supérieur à celui de ses trois principaux concurrents. Les ingénieurs italiens concentrent donc leurs efforts sur les pontons et le plancher de la version australienne. Ces éléments sont les plus sensibles à la “corrélation” — la capacité des outils numériques à prédire la réalité de la piste. En lançant une évolution majeure dès la première course, Ferrari espère corriger immédiatement les petits écarts observés lors des essais hivernaux.
Si la voiture change, le travail des pilotes évolue lui aussi radicalement. Avec la disparition du MGU-H, la gestion de l’énergie électrique devient un exercice de haute voltige. À Melbourne, Charles Leclerc et Lewis Hamilton devront jongler avec une multitude de nouvelles commandes au volant pour optimiser la recharge de la batterie au freinage.
Le défi est d’éviter le “clipping” (la coupure de puissance électrique) en fin de ligne droite. Cette nouvelle gymnastique mentale, associée au pilotage de l’aéro active, signifie que la performance ne viendra pas seulement de la voiture, mais de la capacité du pilote à exploiter chaque millijoule d’énergie disponible. La Scuderia prépare donc un “mode d’emploi” spécifique pour Melbourne, afin que ses deux champions disposent de la cartographie la plus agressive possible.
WE'RE UP NEXT! 🇦🇺
— F1 Australian Grand Prix (@ausgrandprix) December 9, 2025
With the 2025 season drawing to a close, Melbourne is officially the next race! 🥳
See you at the Season Opener, @F1! 👋#AusGP #F1 pic.twitter.com/9OX2Nrdlf7