Ferrari rapatrie des ingénieurs du WEC pour muscler sa F1

Maranello puise des ingénieurs du WEC pour la F1 afin d’importer méthodes, rigueur et efficacité issues d’un programme récemment champion du monde.

La réorganisation interne chez Ferrari prend une tournure inattendue mais révélatrice de la méthode de Frédéric Vasseur : puiser dans la culture de la gagne là où elle se trouve. En ce début d’année 2026, alors que la Scuderia finalise l’assemblage de son “Projet 678” (le nom de code de la future SF-26), Maranello opère un transfert de compétences massif depuis son programme Endurance (WEC) vers le département Formule 1.

C’est le mouvement le plus structurant de ce mois de janvier 2026. Des ingénieurs de premier plan, architectes des trois victoires consécutives de Ferrari aux 24 Heures du Mans et du titre mondial des constructeurs WEC 2025, intègrent désormais le département F1. Ce n’est pas une simple permutation de personnel, mais une volonté de diffuser une “culture de la victoire” retrouvée.

Contrairement à la F1, qui sort d’une saison 2025 frustrante (terminée à la 4e place des constructeurs), la branche Hypercar de Ferrari est devenue une machine à gagner parfaitement huilée. Vasseur et Loïc Serra cherchent à importer cette rigueur opérationnelle et cette gestion du stress propre à l’endurance. Ce renfort intervient alors que Ferrari adopte une structure de gouvernance plus pyramidale pour clarifier les responsabilités et réduire les zones grises décisionnelles qui ont parfois coûté cher par le passé.

John Lockwood, jusqu’ici responsable de la conception des composites pour la Scuderia, quitte le département course. Mais loin d’être une éviction, ce mouvement l’envoie vers un autre défi de taille : le projet Ferrari Hypersail.

Ferrari investit massivement dans la voile de compétition de haute technologie, un domaine où les matériaux composites et l’hydrodynamique partagent un ADN commun avec la F1. Ce transfert permet à Maranello de redistribuer ses cerveaux vers des projets innovants tout en libérant de l’espace pour une nouvelle hiérarchie au sein du département composites F1, désormais géré de manière intérimaire par des cadres expérimentés de la maison.

Le retour aux affaires après la trêve hivernale a été marqué par une omniprésence de Loïc Serra. Le directeur technique, arrivé fin 2024, supervise enfin sa première véritable création. Si la voiture de 2025 n’était qu’une évolution de l’ère Cardile, la monoplace de 2026 portera la signature de Serra, notamment au niveau de l’intégration moteur-châssis.

Plusieurs indiscrétions techniques filtrent déjà :

  • Suspensions : Un passage au système push-rod (poussoirs) à l’avant comme à l’arrière pour optimiser la dynamique des pneus et la stabilité aéro.
  • Moteur : L’approbation d’une culasse en alliage d’acier pour le nouveau V6, un pari audacieux sur la résistance thermique malgré un poids plus élevé.
  • Ergonomie : Un volant totalement repensé, simplifié avec seulement trois molettes principales, conçu avec les retours directs de Lewis Hamilton et Charles Leclerc pour réduire la charge mentale sous le nouveau régime d’aérodynamique active.

La consigne de Vasseur pour 2026 est le silence. Moins de déclarations fracassantes, plus de travail de fond. Malgré des rumeurs de “chaos” relayées par certains médias italiens concernant des retards sur le châssis, l’ambiance à Maranello est celle d’une ruche disciplinée.

La présentation officielle prévue le 23 janvier à Fiorano sera le premier test de vérité. Pour Ferrari, l’objectif n’est pas seulement de construire une voiture rapide, mais de bâtir une organisation capable de la faire évoluer plus vite que la concurrence. 2026 n’est pas seulement une nouvelle saison ; c’est le test grandeur nature de la refonte totale voulue par John Elkann et Frédéric Vasseur.

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