Entre aéro active et turbo capricieux, la FIA encadre strictement les départs 2026 en imposant des limites techniques pour éviter un scénario catastrophe.

Les essais hivernaux de Bahreïn ont révélé une faille critique dans la procédure de départ des monoplaces 2026. Devant les inquiétudes grandissantes des pilotes et des ingénieurs, un consensus semble se dégager dans le paddock : il est impératif de limiter techniquement les phases d’accélération initiale pour éviter ce que certains qualifient déjà de « scénario catastrophe ».
L’inquiétude majeure concerne l’utilisation de l’aéro active dès l’extinction des feux. Jusqu’ici, le règlement permettait théoriquement aux pilotes d’enclencher le mode « ligne droite » (faible traînée) dès le départ pour maximiser la vitesse de pointe vers le premier virage.
Toutefois, la réalité observée en piste a rapidement refroidi les ardeurs. L’activation de ce mode entraîne une chute brutale de l’appui aérodynamique. Dans la densité d’un peloton de 22 monoplaces lancées à pleine charge, cette instabilité devient ingérable. « Un peloton avec quelques centaines de points d’appui en moins, c’est une recette pour le désastre », a prévenu Oscar Piastri. Selon Andrea Stella, Team Principal de McLaren, un accord global a été trouvé pour sanctuariser le départ : les voitures devront rester en appui maximal jusqu’au premier freinage.
Le retrait du MGU-H a fait réapparaître un phénomène que la F1 pensait avoir maîtrisé : un temps de réponse du turbo particulièrement long. Sans l’assistance électrique pour maintenir la turbine sous pression, le risque de voir des voitures stagner sur la grille lors du lâcher d’embrayage est réel.
Pour pallier ce déficit, la FIA a validé une modification de la procédure : cinq secondes supplémentaires seront accordées aux pilotes sur la grille entre le dernier alignement et le signal de départ. Ce délai est crucial pour permettre aux groupes propulseurs de monter en charge. Si Mark Temple (McLaren) se veut rassurant sur la mise en œuvre de cette mesure, il reconnaît que des ajustements seront encore nécessaires après Melbourne.
La sécurité semble désormais mieux encadrée, mais l’équité sportive reste fragile. Les simulations de Sakhir ont mis en lumière des écarts de performance abyssaux entre les motoristes lors de la phase de mise en action. À ce jeu, l’unité de puissance Ferrari semble avoir pris un ascendant technique majeur.
Andrea Stella souligne d’ailleurs que malgré les efforts de la FIA, « la préoccupation n’a pas été totalement résolue ». Les différences de couple et de gestion de l’énergie électrique au moment de l’extinction des feux pourraient provoquer des écarts de vitesse dangereux entre les voitures dès les premiers mètres.
The final dress rehearsal before Melbourne!
— Formula 1 (@F1) February 20, 2026
Lights out in Bahrain concludes #F1Testing #F1 pic.twitter.com/tPqeHNgpRe





















