Après le limogeage de Wittich en 2024, la FIA mise sur plusieurs directeurs de course en 2025. Ben Sulayem défend une approche collégiale

La direction de course en Formule 1 s’apprête à vivre de nouvelles secousses en 2025. Lors d’un événement en Espagne, Mohamed Ben Sulayem, président de la FIA, a confirmé que plusieurs directeurs de course se partageraient le rôle dès la prochaine saison. Une annonce qui intervient après une année 2024 mouvementée, marquée par le limogeage de Niels Wittich à trois Grands Prix de la fin du championnat.
Depuis la mort soudaine de Charlie Whiting en 2019, pilier de la FIA pendant des décennies, le rôle de directeur de course peine à trouver un équilibre. En 2023, Niels Wittich et Eduardo Freitas avaient tenté de partager la fonction, avant que le premier ne soit évincé en 2024. Rui Marques, directeur de course en F2 et F3, avait alors pris le relais… tout en cumulant ses responsabilités initiales. Une situation qui avait surpris les équipes, dénonçant un manque de ressources humaines.
Ben Sulayem justifie aujourd’hui cette rotation par une nécessité de « former en profondeur » et d’éviter la dépendance à une seule personne. « Que se passe-t-il si le directeur de course tombe malade ou décide de partir ? La FIA doit continuer à fonctionner », a-t-il déclaré, comparant cette logique à sa propre position.
Le président de la FIA ne cache pas son agacement face aux critiques récurrentes. Après le départ du steward Johnny Herbert, licencié pour conflit d’intérêts avec son rôle de consultant média, Ben Sulayem a dénoncé une tendance à « blâmer facilement la FIA ». « Où sont les solutions proposées ? La solution, c’est la formation et l’investissement », a-t-il martelé, selon MotorsportWeek, soulignant les coûts et le temps nécessaires pour préparer des commissaires compétents.
Selon lui, l’organisme a travaillé discrètement pendant deux ans et demi pour constituer un vivier de remplaçants. « Nous aurons de nouveaux visages en 2025, et ils seront plusieurs », a-t-il précisé, sans dévoiler de noms. Une annonce qui laisse planer le doute sur le profil des futurs directeurs : expérimentés en F2/F3 comme Marques, ou novices formés en interne ?
Autre sujet épineux abordé : la diversité. Ben Sulayem a rejeté avec fermeté l’idée de recruter pour remplir des quotas. « Engager une femme ou une personne d’une autre nationalité juste pour l’image, c’est une insulte. Nous choisissons sur le mérite et la crédibilité », a-t-il insisté. Un discours qui répond aux pressions externes, mais qui ne rassure pas totalement les observateurs, inquiets de voir la FIA négliger l’inclusion dans un sport encore très masculin et “eurocentré”.
Cette rotation des directeurs de course pose plusieurs questions :
- La cohérence des décisions : Avec plusieurs arbitres, comment garantir une uniformité dans l’application du règlement ?
- La pression sur les novices : Les nouveaux venus devront gérer des dossiers sensibles (accidents, drapeaux rouges, conflits d’équipe) sous le feu des projecteurs.
- La collaboration avec les équipes : Les directeurs techniques et pilotes devront s’adapter à des interlocuteurs changeants.
« Nous verrons les résultats quand la saison commencera », reconnaît Ben Sulayem.
« Nous verrons les résultats quand la saison commencera »
Ben Sulayem, fossoyeur de la F1, adepte du nettoyage par le vide et l’infantilisation du monde du sport automobile.
C’est en 2026, quand il aura fait le vide, et que les grandes équipes passées seront toutes parties ou rachetées d’ici à 2030, qu’il sera content.
Pourquoi ne pas promouvoir un peu plus la FE ?