Verstappen fait expulser un journaliste à Suzuka

À Suzuka, Max Verstappen refuse toute question avant le départ d’un journaliste, un clash surprenant qui souligne son ras-le-bol médiatique

Le silence s’est fait d’un coup dans l’hospitalité Red Bull. Max Verstappen venait tout juste de s’asseoir pour sa session avec la presse écrite, mais il n’a même pas laissé le premier magnétophone s’enclencher.

Son regard s’est braqué sur une silhouette bien précise au fond de la salle : Giles Richards, du Guardian. « Une seconde — je ne parlerai pas tant qu’il n’est pas parti. » L’ambiance, déjà fraîche sous le ciel japonais, vient de descendre de plusieurs degrés en une fraction de seconde.

Richards a bien tenté de comprendre, de demander si c’était sérieux. La réponse de Verstappen a claqué comme un coup de fouet : « Ouais. » Puis, devant l’insistance du journaliste qui cherchait à savoir si son éviction était liée à ses questions sur le Grand Prix d’Espagne : « Sors. »

Une fois la porte refermée sur le Britannique, le Néerlandais a simplement repris son souffle d’un ton désinvolte : « Maintenant, on peut commencer. » Comme si purger la salle d’un élément indésirable était une simple formalité, au même titre qu’un changement d’aileron.

Cette rancune remonte à Abu Dhabi, fin 2025. Max y a perdu son titre pour deux petits points face à Lando Norris, une défaite qui ne passe toujours pas. Richards avait eu le malheur de l’interroger sur son crash avec George Russell en Espagne, cette erreur de jugement qui lui a coûté neuf points capitaux.

« Vous oubliez tout le reste de ma saison. La seule chose que vous mentionnez, c’est Barcelone. Je savais que ça allait venir », avait-il balancé à l’époque, fustigeant au passage le « sourire stupide » du journaliste. Clairement, le temps n’a rien effacé.

Ce qui frappe aujourd’hui, ce n’est pas seulement la réaction, mais le timing. On est en début de week-end, dans un contexte déjà chargé autour de Verstappen : critiques répétées sur les règles 2026, déficit de performance face à Mercedes, frustration accumulée depuis les premières courses. Suzuka devait être un point de relance. Il devient aussi un terrain de règlement de comptes.

Interrogé plus tôt sur cet épisode espagnol, Verstappen avait pourtant adopté un ton plus mesuré, reconnaissant à demi-mot un excès : « Probablement parce que je suis trop… exigeant. Je ne me contente jamais de quelque chose de “pas assez bien”. » Avant d’ajouter : « Quand je suis en voiture, je donne 100 %. Je ne peux pas me contenter de 95 %. » Une manière d’expliquer sans vraiment s’excuser, fidèle à son approche.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
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