Un journaliste évincé par Max Verstappen à Suzuka raconte l’incident et révèle avoir reçu de nombreux messages insultants.

Giles Richards ne s’y attendait absolument pas. Se faire expulser d’un point presse en Formule 1 est un événement rarissime. Ciblé par la colère froide de Max Verstappen ce jeudi à Suzuka, le journaliste du Guardian a pris la plume pour livrer sa version des faits. Sans chercher l’escalade, il avoue d’emblée avoir été « profondément déçu » par la scène, tout en posant ses vérités.
Le point de rupture remonte à ce fameux « sourire stupide » que le Néerlandais lui a reproché à Abu Dhabi fin 2025, juste après la perte du titre mondial. Richards l’assure : il n’y avait aucune moquerie. Seulement le rictus d’un homme pris de court. « J’ai certainement été surpris par la virulence de sa réponse et cela a pu provoquer un sourire nerveux », explique-t-il, avant de préciser : « Je ne trouvais pas ça drôle, et je ne m’amusais pas à ses dépens. »
En plus d’une décennie de couverture de la F1 et « une douzaine » d’interviews avec Verstappen, qu’il décrit comme « toutes amicales et de bonne humeur », le journaliste n’avait jamais été confronté à un tel mur.
La scène de Suzuka a été expéditive. Richards raconte que Verstappen souriait pendant l’échange, le poussant à s’interroger dans son article : « Peut-être appréciait-il simplement ce rapport de force ? »
« En moins de deux heures, quelqu’un avait retrouvé mon adresse e-mail », raconte-t-il. Le premier message donnait le ton : « Vous êtes le problème. Vous êtes le connard toxique responsable de tout le biais britannique en F1. Vous êtes le pire. » Devant ce déferlement de haine prévisible, Richards a d’ailleurs pris la décision radicale de ne pas ouvrir le réseau X pour s’épargner le reste du torrent numérique.
Dans la salle de presse, l’incompréhension a très vite dominé. Ses confrères, « unanimement choqués », ont immédiatement pris de ses nouvelles. L’un d’eux a même qualifié l’attitude du pilote Red Bull de « sans classe », avec un dédain non dissimulé. De son côté, Richards rassure sans faire de drame : « Je vais très bien. À la limite, le plus inconfortable, c’est d’écrire là-dessus à la première personne. »
Malgré la tempête, le journaliste britannique refuse de devenir l’histoire de ce week-end, même si cela semble inévitable. Il assume totalement son rôle, surtout face à un pilote qui vient d’échouer à deux points d’une couronne mondiale. « Parfois, il faut poser des questions difficiles et gênantes. C’est le travail qui va avec ce privilège », conclut-il.
Pas rancunier pour un sou, il espère même pouvoir retrouver une meilleure relation avec le champion du monde. Après tout, les vrais problèmes de Verstappen devraient se régler sur la piste, pas dans l’hospitalité de son équipe.





















