Hadjar débarque chez Red Bull en 2026. S’il s’adapte mieux aux nouvelles F1 que Verstappen, l’histoire pourrait rappeler l’effondrement de Vettel en 2014.

L’histoire de Red Bull Racing est un éternel recommencement : on fabrique un champion, puis on prépare déjà celui qui le remplacera. En annonçant Isack Hadjar comme coéquipier de Max Verstappen pour 2026, Red Bull n’a pas seulement complété son duo. Elle a peut-être enclenché une future passation de pouvoir.
Le scénario qui se dessine ressemble à s’y méprendre à celui de 2014, l’année où l’empire de Sebastian Vettel s’est effondré de l’intérieur. Un petit flashback est nécessaire pour étayer notre propos.
Souvenez-vous. Fin 2013, Sebastian Vettel est sur le toit du monde. Quatre titres consécutifs et une domination sans partage. Personne n’imagine qu’il puisse être délogé. Red Bull promeut alors un certain Daniel Ricciardo, au sourire ravageur, issu de la filière Toro Rosso. On attend de lui qu’il apprenne mais ses dents rayent le parquet.
Dès les premiers tours de roue de la nouvelle ère hybride, Ricciardo a bousculé la hiérarchie. Plus à l’aise avec la nouvelle réglementation, plus affamé, il a remporté trois victoires quand Vettel tourne dans le vide. Le message de l’équipe est feutré mais limpide : le futur, c’est lui. Vettel, pourtant icône de la maison, comprend et file chez Ferrari.
Max Verstappen connaît ce cycle par cœur, pour la simple raison qu’il en a été l’acteur principal quelques années plus tard. Quand le jeune Max est arrivé, c’est Daniel Ricciardo qui a senti le vent tourner, comprenant que l’équipe se construisait désormais autour du prodige néerlandais, le poussant à l’exil chez Renault.
Aujourd’hui, Max Verstappen est dans la position de Vettel. Il est le roi absolu, le mâle alpha. Mais Isack Hadjar n’a pas le profil d’un Sergio Pérez ou d’un Valtteri Bottas, recrutés pour servir.
Hadjar est un pur produit de la filière. Il a de l’ambition, le tempérament de feu et la vitesse brute qui plaisent tant à Helmut Marko. En le plaçant dans le baquet dès 2026, année de la révolution technique, Red Bull fait un pari sur l’avenir.
Le timing est technique est décisif. Comme en 2014, 2026 remet tous les compteurs à zéro. Si Verstappen, comme Vettel à l’époque, peine à s’adapter aux nouvelles caractéristiques des voitures (gestion d’énergie complexe, aérodynamique active) alors que le rookie s’y moule naturellement, la dynamique interne peut basculer en quelques mois.
Il y a aussi une dimension politique majeure. Red Bull n’est pas aveugle. L’écurie sait que Toto Wolff et Mercedes font une cour assidue à Max Verstappen. Les rumeurs de départ, alimentées par les turbulences internes et le départ de figures clés comme Newey, n’ont jamais vraiment cessé.
Installer Hadjar maintenant, c’est se prémunir d’un départ du champion. Si Max décide de tourner la page — fin 2026 ou 2027 — l’équipe ne veut pas se retrouver sans héritier crédible. Hadjar est cette assurance-vie.
Hadjar a donc une carte maîtresse à jouer. Il arrive sans pression, face à un monument. S’il est battu, c’est normal. Mais s’il parvient à bousculer Verstappen, à le pousser dans ses retranchements comme Ricciardo l’avait fait avec Vettel, il pourrait rapidement passer du statut d’apprenti à celui de nouveau patron.
Verstappen devrait-il se méfier ? Absolument. Car chez Red Bull, la loyauté dure exactement le temps de votre dernier tour rapide. La machine à fabriquer les champions est aussi une machine à les remplacer.
🚨Oficial: Isack Hadjar tomará el segundo asiento de Red Bull Racing el próximo año luego de un debut destacado en RB.
— Mexico Grand Prix 🇲🇽 (@mexicogp) December 2, 2025
El joven se unirá a Max Verstappen y reemplazará a Yuki Tsunoda en el equipo a partir de la temporada 2026. Cuéntanos, ¿qué te parece esta decisión? 👀 pic.twitter.com/BQovh4CSgt