Duel verbal entre Hamilton et Verstappen : le premier crie au scandale, le second réplique froidement : « C’est ce qu’ils nous laissent faire. »

Lewis Hamilton est reparti de Mexico furieux, convaincu d’avoir été victime d’un “deux poids, deux mesures”. Selon lui, la direction de course protège Max Verstappen, et le sanctionne, lui, pour les mêmes gestes.
Mais quand la question est revenue aux oreilles du Néerlandais, la réponse a claqué comme un coup de fouet. Pour Verstappen, il n’y a ni injustice ni passe-droit. Il n’y a que des règles — et la manière dont on les exploite. Ce qu’il fait, dit-il, la FIA le permet.
Le film de la course résume à lui seul la querelle. Au départ, dans le chaos du premier virage, Verstappen et Leclerc coupent la chicane. Hamilton, lui, reste sur la piste et perd des positions. Pas de pénalité : la direction de course applique sa tolérance habituelle du premier tour.
Quelques tours plus tard, deuxième acte : Verstappen plonge à l’intérieur sur Hamilton au virage 1. Les deux s’accrochent légèrement. Le Néerlandais passe par l’herbe mais garde sa position. Incident de course. Puis, au virage 4, cette fois, Hamilton tente de répliquer. Il bloque sa roue avant droite, tire tout droit dans l’herbe, revient en piste devant Verstappen… et prend dix secondes.
Même action, sanction différente ? Pour Hamilton, la coupe est pleine. « La FIA m’a laissé tomber », lâche le septuple champion du monde, pris par la colère. Son grief : pourquoi lui, et pas les autres ?
« Dans les virages 1, 2 et 3, je suis resté sur la piste et j’étais deuxième, mais je me suis retrouvé troisième et personne n’a été pénalisé », raconte-t-il. « Max a aussi coupé le virage 3, rien. Ensuite, je sors large, et dix secondes. C’est comme ça. » Hamilton précise qu’il a demandé à la radio s’il devait rendre la place. Mais Ollie Bearman s’était déjà intercalé avant la réponse du muret.
Interrogé sur la plainte d’Hamilton, Verstappen ne s’est pas défendu : il a renversé le débat. « C’est la course », a-t-il répliqué. « C’est ce que nous pouvons faire dans le cadre du règlement. C’est ce que les commissaires nous autorisent à faire. »
Tout est là. C’est le principe de la “doctrine Verstappen” : repousser la frontière de ce qui est écrit pour tester la limite de ce qui est toléré. Pour lui, une manœuvre non sanctionnée devient une manœuvre validée. Une jurisprudence en piste.
Ce raisonnement, Verstappen le traîne depuis ses débuts. Quand il tasse Hamilton hors piste à Interlagos 2021 et n’est pas pénalisé, il en déduit que ce geste fait désormais partie du jeu.
Et si, en 2025, Hamilton commet la même faute et prend dix secondes, c’est, selon lui, que le problème n’est pas dans l’action — mais dans la lecture qu’on en fait.
En réalité, Verstappen ne dit pas qu’il est au-dessus des règles. Il dit simplement qu’il a compris comment elles sont appliquées. Là où Hamilton voit un système arbitraire, Verstappen voit un cadre malléable. tant que la FIA ne le sanctionne pas, il considère sa méthode comme légitime.
« On me l’a fait à moi aussi », a-t-il rappelé, un brin ironique. « Alors pourquoi n’aurais-je pas le droit de faire la même chose ? »
You agree with me, Normally Max Verstappen should have a penalty pic.twitter.com/TqHn3TXRap
— Lewis Hamilton our champion (@lhourchampion) October 27, 2025