Un contre-la-montre démarre entre Aston Martin et la FIA

Aston Martin sous pression avant Suzuka, la FIA surveille de près les problèmes de vibrations qui inquiètent pour la sécurité des pilotes

Le Grand Prix du Japon à Suzuka ne sera pas une simple étape à domicile pour Honda. L’enjeu est bien plus concret : prouver que la situation est sous contrôle. Côté FIA, le dossier AMR26 commence sérieusement à attirer l’attention. Les images de Fernando Alonso, obligé de relâcher son volant en pleine ligne droite à Shanghai, n’ont clairement pas aidé.

On n’est plus vraiment dans une simple question de performance. Le problème prend une autre dimension. Dès l’hiver, Adrian Newey avait évoqué des vibrations capables de provoquer des « dommages nerveux permanents ». Sur le moment, ça pouvait sembler exagéré. En Chine, ça l’était beaucoup moins.

Alonso a tenu une trentaine de tours avant d’abandonner, avec des pertes de sensation dans les mains et les pieds. Ce genre de signal ne passe pas inaperçu.

D’après FormulaTecnica, la FIA analyse de près les données des deux voitures. L’idée n’est pas d’intervenir à la légère, mais si la sécurité est jugée compromise, la Fédération pourrait imposer des mesures. Ça peut aller d’un simple bridage à quelque chose de plus radical. Ce serait dévastateur pour l’image de Honda à domicile à Suzuka.

Le motoriste japonais arrive avec des ajustements importants. Priorité à la fiabilité, quitte à laisser un peu de performance de côté — et il y a déjà du retard de ce côté-là. Mais en interne, tout le monde ne pointe pas uniquement le moteur. Une autre piste circule, notamment relayée par Autosport Web : la boîte de vitesses. Cette année, Aston Martin l’a conçue en interne, ce qui change pas mal de choses. Des signaux faibles étaient déjà apparus à Bahreïn.

Du coup, l’équipe navigue un peu à vue. Si la source du problème est mal identifiée, les correctifs risquent de ne pas suffire et la FIA pourrait rapidement hausser le ton.

Le calendrier offre malgré tout un petit répit. L’annulation de certaines courses libère plusieurs semaines après Suzuka. Ce laps de temps pourrait permettre de remettre à plat une partie du projet avant Miami, où une première évaluation des aides aux motoristes en difficulté est attendue.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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