Max Verstappen, intouchable ? Pour Günther Steiner, les commissaires « n’osent plus » s’opposer au quadruple champion du monde.

Couper les virages au départ, tasser ses adversaires hors piste, se battre roue contre roue jusqu’à l’extrême limite… Le Grand Prix du Mexique a été un récital de pilotage agressif de la part de Max Verstappen. Comme souvent, le Néerlandais s’en est sorti sans la moindre investigation, au grand dam de Lewis Hamilton, furieux de ce qu’il estime être une injustice.
Alors, pourquoi Verstappen semble-t-il bénéficier d’une impunité que les autres n’ont pas ? Pour Günther Steiner, l’ancien patron de Haas, la réponse n’est pas technique. Elle est psychologique. Selon lui, les commissaires de la FIA n’osent tout simplement plus sanctionner la star de Red Bull.
Invité du podcast Red Flags, Steiner a expliqué qu’il ne s’agit pas de “deux poids, deux mesures” au sens technique, mais d’une influence, d’une aura que le pilote a construite et qui pèse sur les décisions. « Ils ont peur du ‘GOAT’ [Greatest Of All Time, le meilleur de tous les temps] », a lâché Steiner. « Et cela vient avec le statut de GOAT. »
Pour l’ancien dirigeant, ce traitement de faveur n’est pas lié à la position de Verstappen au championnat. C’est une question de personnalité et de pouvoir. Les commissaires ne craindraient pas l’équipe Red Bull, ils craindraient la réaction du pilote lui-même.
« Max, s’il pense qu’il a été traité injustement, il le fait savoir haut et fort », analyse Steiner. « Et peut-être qu’ils craignent cela plus que tout le reste. Il a une voix plus forte. Quand tu es au sommet, ta voix porte davantage. Il a beaucoup plus d’impact que quand tu es avant-dernier. »
Lorsque l’animateur lui a demandé s’il s’agissait donc d’un “traitement de faveur pour célébrité”, la réponse de Steiner a été immédiate : « Exactement. »
Cette analyse sur Verstappen s’inscrit dans une critique bien plus large de la gestion de la FIA lors du Grand Prix du Mexique, une course que Steiner juge “chaotique” du début à la fin. Il pointe d’abord le bazar du premier virage, où plusieurs pilotes, dont Verstappen et Leclerc, ont coupé la chicane sans être inquiétés, alors que Lewis Hamilton, pour une manœuvre similaire plus tard, a écopé de 10 secondes. « Certains pilotes sont pénalisés, d’autres non. C’est complètement aléatoire », déplore-t-il.
Mais il s’attaque aussi à la gestion de la fin de course. Le déclenchement de la Voiture de Sécurité Virtuelle (VSC) pour la voiture de Carlos Sainz, parfaitement garée hors trajectoire, était une “surréaction” inutile qui a faussé la bataille finale.
Selon Steiner, cette décision absurde n’a qu’une seule cause : la panique. Le directeur de course, encore “sous le choc” de l’incident gravissime où des commissaires ont traversé la piste devant Liam Lawson, aurait appuyé sur le bouton de la VSC par pure précaution, sans discernement. « Je ne critique pas les personnes », conclut Steiner, « mais la manière dont l’organisation est structurée. Ces gens n’ont tout simplement pas les moyens d’être bons. »
Entre une direction de course jugée “hésitante” et des commissaires intimidés par “l’aura” de la plus grande star de la grille, le tableau dressé par Günther Steiner est celui d’une institution qui a perdu le contrôle.