Pas de favoritisme chez McLaren : Land Norris et Oscar Piastri libres de se battre, quitte à offrir le titre à Max Verstappen.

Le titre mondial se joue désormais sur un fil. Lando Norris mène, Oscar Piastri le suit à un point. Derrière eux, Max Verstappen remonte comme un fauve. L’écart, autrefois abyssal (104 points), n’est plus que de 36.
Dans les couloirs de Woking, un mot revient en boucle : 2007. L’année maudite où McLaren, déchirée entre Lewis Hamilton et Fernando Alonso, a laissé filer le titre à Kimi Räikkönen. Dix-huit ans plus tard, l’histoire menace de se répéter.
Face à cette tension, une autre équipe aurait déjà tranché. Geler les positions, donner la priorité au pilote en tête — une décision froide, rationnelle, presque automatique. Mais pas McLaren. Pas cette fois.
Zak Brown et Andrea Stella ont fait leur choix : aucune consigne d’équipe. L’égalité restera totale, quitte à offrir le titre à Verstappen. « Dire à l’un de nos pilotes : “Je sais que tu rêves de devenir champion, mais on a tiré à pile ou face et ce n’est pas ton année” ? Oubliez ça. Ce n’est pas notre façon de courir », tranche Brown.
Andrea Stella, lui, assume la même philosophie : « Si Max est champion, l’important est de pouvoir dire que nous avons fait de notre mieux, unis, selon notre façon de courir. »
McLaren ne joue pas la défense. Elle joue la loyauté. Le traumatisme de 2007 hante encore l’équipe, et ses dirigeants savent qu’une victoire perdue vaut mieux qu’une guerre interne gagnée. La cohésion prime sur la stratégie. Quitte à en payer le prix.
Le prix pourrait être lourd. Car le scénario cauchemardesque — ou sublime, selon le point de vue — est mathématiquement possible. AUTOhebdo s’est amusé à simuler cette fin de saison : trois pilotes ex æquo avant la finale d’Abou Dabi.
À São Paulo, les deux McLaren s’accrochent dans le “S” de Senna. Verstappen gagne. L’écart fond.
À Las Vegas, Norris sauve les meubles en finissant devant ses deux rivaux.
Au Qatar, Piastri et Verstappen se rendent coup pour coup.
Résultat fictif : (Voir le détail sur AUTOhebdo)
1. Piastri 394 pts / 2. Norris 394 pts / 3. Verstappen 394 pts.
Ce scénario (qui inclut aussi une égalité parfaite à 443 points entre Ferrari, Red Bull et Mercedes pour la P2 constructeurs) illustre parfaitement le dilemme de Zak Brown.
En refusant de choisir, McLaren prend le risque immense de voir ses pilotes se neutraliser mutuellement, permettant à Verstappen de combler son retard. La philosophie de Woking est noble, mais elle pourrait être testée jusqu’à son point de rupture d’ici la finale.