Les tifosi s’en prennent à George Russell après son duel musclé avec Kimi Antonelli dans les derniers tours à Monza
Kimi Antonelli a signé une victoire sensationnelle à domicile en remontant tout le peloton, s’imposant devant son coéquipier George Russell. Mais l’ambiance du podium a été entachée par des huées ciblant le pilote britannique. Sa défense a été jugée trop rugueuse sur le nouveau chouchou du public.
Soixante ans. Il aura fallu attendre six décennies depuis l’exploit de Ludovico Scarfiotti en 1966 pour voir un Italien triompher à nouveau sur l’asphalte sacré de Monza. Parti en queue de peloton suite à une pénalité moteur, Kimi Antonelli a réalisé une course d’anthologie, effaçant 18 monoplaces en seulement 18 tours avant d’aller chercher la victoire finale.
Un doublé retentissant pour Mercedes, mais qui s’est conclu dans une atmosphère pour le moins hostile envers George Russell. Lors de la cérémonie protocolaire, le Britannique a été copieusement sifflé par une partie des tifosi à son arrivée sur le podium, puis une seconde fois au moment de soulever son trophée de deuxième.
La colère du public milanais s’explique surtout par ce qui s’est passé dans les derniers tours de la course.Au 50ème tour (sur 53), Kimi Antonelli, chaussé de pneus médiums frais, fond sur son coéquipier en difficulté avec des gommes dures vieilles d’un demi-Grand Prix.
Déterminé à défendre sa position de leader, Russell ne cède pas un pouce de terrain à l’approche de la première chicane. La passe d’armes est virile, obligeant le jeune Italien à élargir sa trajectoire jusque dans le bac à graviers. « Put, qu’est-ce qu’il s’est passé là ? »*, lâche Antonelli, furieux, à la radio. Depuis le muret des stands, la consigne fuse immédiatement : « Soyez propre ».
Son avantage pneumatique étant écrasant, le pilote de 20 ans n’a eu besoin que d’une tentative supplémentaire pour avaler la monoplace n°63 et filer vers la victoire. Mais pour les supporters massés dans les gradins, le crime de lèse-majesté de Russell était déjà consommé.
Si Russell s’est retrouvé dans cette posture délicate de “bouchon”, c’est en raison d’un choix stratégique divergent opéré par Mercedes. L’intervention d’une Voiture de Sécurité Virtuelle (VSC) au 28ème tour a rebattu les cartes. L’écurie allemande a fait rentrer Antonelli et Max Verstappen pour chausser des médiums neufs, tout en laissant Russell en piste avec ses pneus durs.
Une décision que le natif de King’s Lynn a eu du mal à digérer sur le moment. « J’étais en pneus durs et Kimi en médiums. Donc si l’un de nous devait s’arrêter, ça allait être Kimi », a-t-il décrypté face aux médias après la course. « C’est pour ça que j’étais un peu agacé par le timing de cette VSC… Je pense qu’il aurait été difficile pour ceux en médiums de rivaliser avec quelqu’un en pneus durs sans cela. »
Malgré la perte de la victoire et l’accueil glacial des tifosi, George Russell a choisi la carte de l’élégance. Interrogé sur les sifflets, il a balayé l’incident d’un revers de main. « Évidemment, quand vous courez dans le pays d’origine de quelqu’un d’autre, il faut s’y attendre. Donc oui, j’ai juste souri », a-t-il tempéré, loin de chercher la polémique.
Beau joueur, il a tenu à rendre hommage à la performance stratosphérique de son voisin de garage, qui pointe désormais avec 66 unités d’avance sur lui au championnat. « Un immense bravo à Kimi, bien sûr. C’est un résultat incroyable de sa part. Quand j’ai regardé le classement au début, j’ai vu qu’il était déjà P5 ou P4. J’ai su tout de suite qu’il serait dans le coup. […] De mon côté, le bilan est plus positif qu’avant la pause estivale, c’est ce que je voulais accomplir. Même si, bien sûr, j’aurais adoré être P1 aujourd’hui. »




