Pourquoi Newey n’a pas totalement quitté Red Bull

Même après avoir rejoint Aston Martin, Adrian Newey conserve un lien avec Red Bull via le développement final de la RB17.

Le départ d’Adrian Newey de Milton Keynes vers Silverstone a été le feuilleton le plus commenté de l’année 2024. Pourtant, alors que nous sommes en janvier 2026 et que l’ingénieur britannique est désormais pleinement investi dans le projet Aston Martin, on apprend que Newey n’a pas totalement coupé les ponts avec Red Bull.

Ce lien résiduel ne concerne plus les monoplaces de Max Verstappen ou d’Isack Hadjar, mais un projet qui lui tient particulièrement à cœur : l’hypercar RB17. Rob Gray, le directeur technique de Red Bull Advanced Technologies, l’a confirmé récemment sur Top Gear : le “génie de l’aéro” reste disponible au bout du fil pour finaliser ce qui s’annonce comme son ultime héritage au sein du groupe autrichien.

La RB17 est un concentré de deux décennies d’innovations qui n’ont jamais pu voir le jour en Formule 1 à cause des règlements trop restrictifs. Dotée d’un moteur V10 atmosphérique hurlant à 15 000 tr/min et d’une aérodynamique active poussée à l’extrême, la RB17 est le projet passion de l’ingénieur.

Le design a récemment subi des ajustements majeurs pour sa version finale. On y découvre de nouvelles optiques LED en forme de crosses de hockey, des ouïes de refroidissement redessinées et un aileron de requin plus prononcé sur le capot moteur. Ces retouches, bien que subtiles, portent la signature de Newey. Comme l’explique Rob Gray, bien que Newey soit chez Aston Martin, son “intention” de design est le socle sur lequel toute l’équipe de Red Bull Advanced Technologies continue de bâtir.

Certains pourraient y voir un conflit d’intérêts, mais en Formule 1, tout est une question de contrats et de respect mutuel. Newey a passé 19 ans chez Red Bull, contribuant à treize titres mondiaux. Son départ vers Aston Martin s’est fait avec un accord clair : il termine son œuvre sur la RB17. Il est autorisé à consulter, à donner son avis sur les dessins techniques et à participer aux réunions par vidéo.

Cette situation profite à tout le monde. Red Bull s’assure que les 50 exemplaires vendus plus de 5 millions de dollars l’unité respectent scrupuleusement la vision de leur créateur. De son côté, Newey évite de voir son bébé dénaturé durant la phase délicate du passage des concepts théoriques à la réalité de la piste, prévue pour cet été. C’est une démarche d’ingénierie pure : quand un concept est aussi complexe, le créateur est le seul à posséder la carte mentale de chaque flux d’air.

Alors qu’il passe 50 % de ses journées à collaborer avec les ingénieurs d’Aston Martin sur la future monoplace de 2026, Newey garde une cellule de son cerveau connectée à Milton Keynes. Les leçons apprises sur la gestion des suspensions actives de l’hypercar pourraient indirectement nourrir ses réflexions futures, même si les règlements F1 restent très stricts.

En fin de compte, si Newey n’a pas totalement quitté Red Bull, c’est parce qu’un ingénieur de ce calibre ne finit jamais vraiment une voiture, il la transmet. La RB17 est le point final d’une ère entamée en 2006. Une fois que le premier exemplaire aura limé le bitume lors des tests de cet été, le cordon sera définitivement coupé, laissant Newey se concentrer exclusivement sur son nouveau défi : ramener Aston Martin au sommet.

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