Alpine a touché le fond en 2025, mais Pierre Gasly affiche son optimisme : le pari Mercedes doit relancer l’écurie dès 2026.

Pierre Gasly affiche une sérénité qui tranche radicalement avec les résultats comptables de l’an dernier. Lanterne rouge du championnat avec seulement 22 points, Alpine a volontairement sacrifié 2025 pour bâtir un futur qu’elle espère meilleur. Pour Gasly, le renouveau repose sur un choix industriel historique : l’abandon du statut de constructeur moteur pour devenir l’écurie cliente privilégiée de Mercedes dès la prochaine saison
Construire son propre moteur est souvent perçu comme le Graal en Formule 1, mais pour Alpine, c’était devenu un poids. En décidant de fermer le département moteur de Viry-Châtillon au profit du bloc Mercedes, l’écurie d’Enstone s’offre ce qui se fait de mieux sur le marché. Selon les retours techniques de Gasly, le moteur de Brixworth est “dans une position idéale” face à la nouvelle réglementation hybride 2026.
Ce passage au moteur Mercedes libère également des ressources colossales pour le châssis. En n’ayant plus à gérer les compromis d’intégration d’un bloc Renault en retrait, les ingénieurs d’Enstone peuvent se focaliser sur l’aéro active et la réduction du poids, deux piliers majeurs du futur règlement. Gasly confirme que tous les objectifs de développement sont actuellement atteints, tant sur le plan de la traînée que de la gestion thermique.
Si Gasly croit autant en ce projet, c’est aussi grâce à la restructuration profonde menée en coulisses. L’arrivée de Steve Nielsen en tant que Directeur de la Gestion a apporté une rigueur opérationnelle qui manquait cruellement. Sous l’impulsion de Flavio Briatore, de retour en tant que conseiller exécutif, Alpine a arrêté le développement de la désastreuse A525 dès le mois de mars 2025.
Ce choix, bien que douloureux pour le moral des troupes en piste, a permis d’accumuler un temps de soufflerie précieux. En terminant dernier du classement, Alpine bénéficie contractuellement de plus d’heures de tests aérodynamiques que n’importe quelle autre écurie de pointe. Pour Gasly, c’est un avantage stratégique massif pour dégrossir les concepts de l’A526 bien avant ses rivaux directs.
Avec un contrat prolongé jusqu’en 2028, Pierre Gasly s’est imposé comme le pilier central du projet. Aux côtés de Franco Colapinto, le Français endosse un rôle de capitaine technique. Il souligne que la fin de l’ère de l’effet de sol (2022-2025), qu’il jugeait insupportable physiquement pour les pilotes, laisse place à des voitures plus agiles et réactives.
Alpine n’a plus d’excuses. « Du côté du châssis comme du moteur, je pense que tout se présente bien. Nous atteignons tous nos objectifs », insiste-t-il, selon RacingNews365. Le rendez-vous est pris pour les tests de Barcelone fin janvier, où le ronronnement du V6 Mercedes dans le châssis bleu et rose dira si ce pari audacieux est enfin le bon.