Pourquoi la FIA a pénalisé Piastri et a exonéré Russell

Max Verstappen, pris dans les deux incidents, s’étonne de voir Oscar Piastri puni à Silverstone alors que George Russell avait été épargné au Canada

Deux scénarios similaires, deux décisions radicalement opposées. À Silverstone, Oscar Piastri a vu la victoire lui échapper après une pénalité de 10 secondes pour freinage jugé “erratique” derrière la voiture de sécurité. Pourtant, il y a quelques semaines seulement à Montréal, George Russell avait provoqué une situation presque identique… sans la moindre sanction. De quoi relancer la question de la cohérence des décisions arbitrales en F1.

Dans les deux cas, Max Verstappen était aux premières loges. Au Canada comme en Grande-Bretagne, le Néerlandais s’est retrouvé contraint de dépasser le leader involontairement au moment du retrait de la Safety Car. Mais seule l’action de Piastri a été considérée comme fautive.

« Je trouve ça étrange », a confié Verstappen à Silverstone. « Ce genre de scénario m’est arrivé plusieurs fois. Là, Oscar est le premier à prendre 10 secondes pour ça. » La surprise du pilote Red Bull est partagée dans le paddock. D’un week-end à l’autre, la F1 semble parfois basculer dans une dimension réglementaire parallèle.

Du côté de la FIA, la ligne de défense est la suivante : Russell a freiné, mais de manière classique. Piastri, lui, a freiné de manière erratique. Les données télémétriques ont été utilisées pour appuyer cette distinction.

À Silverstone, les commissaires ont relevé un freinage brutal de Piastri (59,2 psi) entre les virages 14 et 15, avec une décélération de 218 à 52 km/h, provoquant une manœuvre d’évitement de Verstappen. La sanction a été immédiate avec une pénalité de 10 secondes et deux points de pénalité sur sa Super Licence.

À l’inverse, au Canada, même si Verstappen avait brièvement dépassé Russell dans une situation comparable, la direction de course n’avait même pas jugé nécessaire de transmettre l’incident aux commissaires. Lorsque Red Bull a protesté officiellement, le dossier a été classé sans suite avec comme justificatif : “freinage typique et tolérable”, selon la FIA.

Le véritable problème c’est que les commissaires changent à chaque Grand Prix. À Montréal, il y avait Gerd Ennser et son équipe qui étaient aux manettes. À Silverstone, c’était Vitantonio Liuzzi et trois autres collègues. Autrement dit les mêmes règles ne sont pas toujours interprétées de la même manière.

Le plus drôle, c’est qu’avant le GP de Grande-Bretagne, la FIA avait publié un document censé clarifier ses lignes directrices en matière de pénalités. Un effort de transparence louable, mais qui tombe mal au vu de la polémique actuelle.

En théorie, l’article 55.15 du règlement sportif impose aux pilotes de ne pas freiner de manière erratique après l’extinction des feux de la Safety Car. C’est ce texte qui a été appliqué à Piastri. Mais pour beaucoup, la frontière entre “freinage” et “freinage erratique” reste floue, et sujette à interprétation.

En réalité, cette affaire dépasse le cas Piastri. Elle pose la question récurrente du manque d’uniformité dans les décisions de course, un problème dénoncé depuis des années.

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