On a lu “Finito” sur les lèvres de Briatore après le crash de Colapinto

Briatore brouille les cartes : après avoir semblé lâcher Colapinto, il publie une photo à ses côtés, signe que rien n’est encore tranché.

Parfois, une image de quelques secondes, captée au vol par un réalisateur inspiré, raconte une histoire plus brutalement qu’un long communiqué de presse. Ce samedi, dans le garage Alpine à Bakou, le temps s’est figé. Alors que la monoplace de Franco Colapinto était encastrée dans le mur du virage 4, les caméras se sont braquées sur le visage de Flavio Briatore. Impassible, l’homme fort d’Enstone a semblé articuler un seul mot, un verdict définitif en italien : “Finito”. Fini. Terminé.

Ce qui rend la scène si terrible, c’est son contexte. Quelques instants plus tôt, au même endroit, son coéquipier Pierre Gasly, surpris par un freinage tardif, avait eu la présence d’esprit d’utiliser l’échappatoire, déclenchant un drapeau jaune. Pour Colapinto, qui arrivait juste derrière, c’était un avertissement clair, un signal qu’il fallait lever le pied. Il n’en a rien fait, et a violemment percuté le mur. Une erreur de jugement, une faute de débutant qui semble avoir épuisé la patience de son mentor.

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Franco Colapinto est avant tout un pari personnel de Flavio Briatore. C’est lui qui est allé le chercher, qui a racheté son contrat à Williams pour le placer dans le baquet à la place de Jack Doohan en cours de saison. L’Argentin avait une mission : prouver en quelques courses qu’il avait l’étoffe d’un futur grand. Mais les résultats n’ont jamais suivi. Zéro point marqué, et une série d’erreurs qui commencent à peser lourd dans la balance, malgré des éclairs de vitesse pure qui lui ont parfois permis de devancer Gasly en qualifications.

Cette sortie de piste intervient au moment où la pression est maximale. Le baquet Alpine pour 2026, aux côtés d’un Pierre Gasly déjà confirmé, se joue entre deux hommes : Colapinto et l’autre pilote de réserve, Paul Aron. L’Estonien est un profil très différent. Décrit comme rapide et polyvalent, il est perçu comme une option plus sûre, moins brute. Briatore lui-même a résumé son dilemme : « Paul est un gars très sympa, un pilote très rapide aussi. Et je dois comprendre ce qui est le mieux pour l’équipe, vous savez ? ».

Dans la foulée du Grand Prix, Alpine a publié un message qui n’est pas passé inaperçu sur X : « Avec notre package actuel, nous savons que les dernières courses seront difficiles. Il faut attendre la fin de 2025 et continuer à travailler à l’usine. » En clair, Colapinto ne doit pas espérer de miracle technique pour sauver sa fin de saison. Tout l’effort est déjà tourné vers 2026, avec un chantier majeur à venir : l’abandon du moteur Renault au profit d’un bloc Mercedes.

Et puis, comme pour brouiller encore un peu plus les cartes, Flavio Briatore a posté une photo en compagnie de Colapinto, prise dans les locaux d’Enstone. Rien de spectaculaire, juste une image figée autour d’une table de réunion. Mais dans ce contexte, cela pourrait vouloir dire que l’Argentin n’est pas encore rayé de la liste, et qu’il est toujours en lice pour épauler Gasly en 2026.

La décision finale sur l’identité du coéquipier de Gasly était attendue pour novembre. Mais ce crash, cette erreur si visible sous les yeux de celui qui a tout misé sur lui, pourrait avoir agi comme un accélérateur. Le “Finito” capté par les caméras n’était peut-être qu’un simple mouvement de lèvres, une exclamation de frustration dans le feu de l’action. Ou peut-être était-ce le point final d’une audition qui vient de se terminer de la plus brutale des manières.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de f1actu.com, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet aujourd’hui de porter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du sport, de ses enjeux techniques à ses coulisses. Avec une équipe resserrée, nous suivons chaque Grand Prix, chaque développement et chaque décision du paddock avec une exigence constante : proposer une information claire, contextualisée et utile aux passionnés. Chaque article fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux, incluant relecture et vérification, afin de garantir la fiabilité des informations publiées. Certains outils numériques peuvent être utilisés ponctuellement pour améliorer la fluidité rédactionnelle, mais l’angle, l’analyse et la ligne éditoriale restent entièrement humains. Notre objectif est simple : offrir un contenu original, pertinent et accessible, fidèle à une vision exigeante de la Formule 1. Nos articles sont rédigés avec rigueur et engagement surtout depuis l'arrivée d'un journaliste professionnel chargé de relire et de corriger nos publications. Nous utilisons parfois des outils modernes pour fluidifier l’écriture ou enrichir nos analyses, mais la ligne éditoriale reste claire : proposer un contenu original, pertinent, et fidèle à notre regard de passionnés.

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