Mercedes et Aston Martin se rapprochent : Honda menacé

Toto Wolff rend une nouvelle visite à Aston Martin et relance les spéculations sur un possible changement de motoriste Honda à l’horizon 2028

Il y a des visites dans un paddock qui ne veulent pas dire grand-chose, et puis il y a celles qui commencent à devenir difficiles à ignorer. Selon le journaliste espagnol Jorge Peiró, de Sport, Toto Wolff a une nouvelle fois été aperçu dans le motorhome d’Aston Martin à Zandvoort, quelques heures avant le départ du Grand Prix.

Wolff s’était déjà rendu dans le motorhome d’Aston Martin à Barcelone en juin. Quelques mois plus tôt, Lawrence Stroll avait lui-même fait le déplacement chez Mercedes en Australie. Une visite qui avait d’ailleurs eu lieu à un moment particulièrement délicat pour Aston Martin, alors qu’Adrian Newey commençait déjà à afficher publiquement son agacement devant les performances du moteur Honda.

Une visite isolée ? Pourquoi pas. Deux visites de Wolff chez Aston Martin, auxquelles il faut ajouter celle de Stroll chez Mercedes ? Là, l’histoire devient nettement plus intrigante.

Le problème pour Honda, c’est que ces rapprochements interviennent alors que les premières courses de la nouvelle réglementation moteur ont permis de dresser un constat peu réjouissant pour Aston Martin. Le châssis conçu sous l’impulsion d’Adrian Newey commence à montrer de vraies qualités. L’équipe a énormément travaillé sur sa voiture et les progrès sont visibles. Fernando Alonso rappelait récemment qu’Aston Martin était passée d’un retard de quatre secondes à environ 1,4 seconde.

Mais c’est toujours du côté du moteur que le bât blesse. À Zandvoort, Honda a apporté une évolution censée améliorer les choses. Fernando Alonso n’a pas vraiment sauté de joie. L’Espagnol a expliqué que la monoplace avait perdu une partie de la maniabilité et des sensations qu’elle avait retrouvées avec la première unité de puissance. « Nous n’avons pas eu le résultat que nous espérions ce week-end », a notamment expliqué Alonso, qui estime qu’il faudra encore quelques courses pour optimiser cette nouvelle version.

Toto Wolff n’est pas venu chez Aston Martin par hasard

Peiró estime qu’un éventuel changement de motoriste ne serait pas à envisager dès 2027, mais plutôt à l’horizon 2028. À ce stade, il ne parle évidemment pas d’un divorce acté entre Aston Martin et Honda. Il évoque plutôt des discussions destinées à garder une solution de secours sur la table si le motoriste japonais ne parvient pas à combler son retard.

Lawrence Stroll souhaite encore laisser du temps au motoriste japonais pour progresser. Mais dans le même temps, le milliardaire canadien ne va certainement pas attendre éternellement si son équipe finit par disposer d’un excellent châssis associé à une unité de puissance incapable de suivre.

Fernando Alonso a clairement expliqué que le moteur devait encore progresser. Mike Krack a lui aussi reconnu que les prochains résultats dépendraient fortement des caractéristiques des circuits et notamment de la longueur des lignes droites. Lance Stroll a, de son côté, identifié la puissance et la maniabilité comme deux domaines dans lesquels Honda doit encore travailler.

Honda n’est évidemment pas resté les bras croisés. Le constructeur japonais a progressé depuis les essais de Bahreïn et considère l’évolution introduite à Zandvoort comme une étape supplémentaire, pas comme une révolution.

Aston Martin dispose désormais d’Adrian Newey, d’un investissement considérable et d’une ambition clairement affichée : jouer les victoires et, à terme, le championnat. Dans ces conditions, accepter de perdre du temps à cause du moteur pendant plusieurs saisons serait difficile à justifier.

Mercedes peut devenir l’assurance-vie d’Aston Martin

Mercedes possède actuellement l’une des références du plateau en matière d’unité de puissance. Aston Martin connaît déjà très bien l’environnement Mercedes pour avoir travaillé avec le constructeur allemand avant son mariage avec Honda.

Si Honda finit par ne pas répondre aux attentes, Mercedes constituerait donc une solution évidente. Pour l’instant, Aston Martin semble surtout faire ce qu’un grand constructeur ferait dans cette situation : étudier ses options.

Honda peut encore inverser la tendance. Aston Martin ne semble pas avoir lancé d’ultimatum et Lawrence Stroll souhaite laisser son partenaire travailler. Mais quelque chose a changé. Il y a quelques mois, Aston Martin et Honda affichaient encore l’image d’un couple parfaitement aligné autour du nouveau règlement moteur. Aujourd’hui, Toto Wolff vient une nouvelle fois passer du temps dans le motorhome de l’équipe.

2028 est encore loin. Mais si Honda ne comble pas rapidement son retard, Aston Martin pourrait bien avoir déjà commencé à préparer l’après-Honda.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *