Annuler Bahreïn et Djeddah coûterait plus de 60 millions d’euros à la Formule 1, un facteur qui explique la prudence des dirigeants.

La Formule 1 joue-t-elle avec le feu ? Les tensions régionales au Moyen-Orient ont franchi un seuil critique, avec des frappes de drones signalées jusqu’à Manama,. Forcément, le paddock s’interroge : pourquoi les Grands Prix de Bahreïn (12 avril) et d’Arabie saoudite (19 avril) figurent-ils toujours au calendrier ? À quelques jours de la date butoir, la discipline reine est prise en étau entre impératifs sécuritaires et séismes financiers.
L’ouverture de la saison à Melbourne a offert un beau spectacle sportif, mais les visages se sont crispés dès que le sujet du “double-header” a été évoqué. La FIA et la FOM ont fixé une “ligne rouge” au 20 mars pour trancher.
Pourquoi attendre ? Parce que l’annulation d’un Grand Prix au Moyen-Orient c’est un séisme logistique. Déplacer le fret (tonnes de matériel, monoplaces, hospitalités) vers l’Europe en urgence demande une coordination quasi militaire. À l’heure actuelle, les navires et les avions cargos sont déjà en pré-alerte.
Si Bahreïn et Djeddah tombent, la F1 doit trouver un refuge. Plusieurs noms circulent dans les couloirs : Imola, Portimão, Istanbul Park ou même un retour surprise au Castellet. Mais organiser une course en trois semaines est un défi titanesque :
- Il faut recruter et former des centaines de commissaires de piste en un temps record.
- Comment vendre des dizaines de milliers de places en 15 jours sans casser les prix ?
- Les droits d’organisation versés par Bahreïn et l’Arabie saoudite s’élèvent à près de 60 millions d’euros. Un gouffre que les circuits européens, aux économies plus fragiles, ne peuvent combler sans aide gouvernementale.
L’ombre d’Aramco et l’influence de Maranello
L’enjeu n’est pas seulement sportif. L’Arabie saoudite, via le géant Aramco, est le poumon financier de la F1. Bahreïn, de son côté, est l’actionnaire majoritaire de McLaren. Annuler ces épreuves, c’est fragiliser les piliers mêmes qui soutiennent le paddock. C’est ce qui explique la prudence extrême de Stefano Domenicali, le PDG de la F1 :
« La situation évolue et nous avons encore du temps pour prendre la bonne décision », a-t-il déclaré, pesant chaque mot.
Même son de cloche chez Mercedes, où Toto Wolff rappelle la dure réalité du terrain :
« Dans une situation comme celle-ci, la Formule 1 devient presque secondaire. Les enjeux dans la région sont bien plus importants. J’espère que nous pourrons courir là-bas, mais je ne sais pas si c’est réellement possible aujourd’hui. »
L’histoire pèse lourdement sur les épaules des dirigeants. En 2011, les troubles politiques avaient déjà forcé l’annulation du GP de Bahreïn. À l’époque, la course n’avait jamais été reprogrammée.
Aujourd’hui, avec un calendrier saturé de 24 manches, perdre deux courses n’affecterait pas la validité du championnat, mais porterait un coup terrible à la stratégie d’expansion de Liberty Media au Moyen-Orient. Pour l’heure, le fret reste en route, mais les ingénieurs gardent un œil rivé sur leurs applications d’alerte sécuritaire.
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— Saudi Arabian GP (@SaudiArabianGP) March 11, 2026
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