Geste inattendu en Q2 à Abu Dhabi : Alonso aide Verstappen avec une aspiration millimétrée. Un détail qui pourrait peser lourd dimanche.

On a beaucoup parlé du sacrifice de Yuki Tsunoda en Q3. C’était logique : le futur réserviste Red Bull se devait d’aider son chef de file. Mais l’image la plus intrigante de ces qualifications, celle qui fait jaser dans le paddock de Yas Marina, ne vient pas du clan Red Bull. Elle implique une Aston Martin verte et un double champion du monde espagnol qui, sans qu’on ne lui demande rien, a décidé de jouer le jeu de Max Verstappen.
En pleine Q2, alors que la tension montait pour l’accès au top 10, Fernando Alonso a offert à Max Verstappen une aspiration digne d’un coéquipier dévoué. Un geste rare entre écuries rivales, qui en dit long sur les alliances tacites de cette fin de saison.
La scène a peut-être échappé aux caméras focalisées sur les chronos, mais elle n’a pas échappé aux ingénieurs. Alors que Verstappen était lancé dans un tour rapide, il a rattrapé une Aston Martin au ralenti dans la longue ligne droite de retour. Habituellement, le pilote lent s’écarte immédiatement pour ne pas gêner.
Fernando Alonso, lui, est resté scrupuleusement sur la trajectoire idéale. Il a attendu que la Red Bull soit blottie dans ses échappements pour s’écarter au tout dernier moment. Le résultat physique est immédiat : en perçant l’air pour Verstappen, Alonso a réduit la traînée aérodynamique de la Red Bull, lui offrant des km/h gratuits sans consommer plus d’énergie électrique.
Quelques instants plus tôt, lors de son tour de sortie, Verstappen avait lui-même ouvert la route pour Alonso, créant un sillage propre. Le Matador a sans doute vu là une occasion de renvoyer l’ascenseur. C’est la vieille école de la course : un échange de courtoisie à haute vitesse que George Russell, par exemple, a cherché à obtenir sans succès.
Ce geste trahit la relation particulière qui unit les deux hommes. Alonso et Verstappen sont des âmes sœurs sur la piste. Ils partagent cette même approche sans filtre, ce refus du politiquement correct et ce statut assumé de méchants du film face à l’establishment.
Alonso se voit en Verstappen. Il reconnaît en lui le jeune loup qu’il était, celui qui bousculait la hiérarchie établie (Schumacher à l’époque) sans s’embarrasser de manières. « Il est plus lui-même que ce qu’il devrait être [selon les standards actuels] », a souvent répété l’Espagnol.
De son côté, Verstappen a grandi en admirant la capacité d’Alonso à transcender des voitures moyennes chez Ferrari, jouant le titre contre des Red Bull techniquement supérieures. Il y a entre eux un respect mutuel immense, celui des “purs racers” qui préfèrent régler les comptes en piste plutôt que devant les commissaires.
Ce coup de pouce inattendu en Q2 a aidé Verstappen à économiser un train de pneus et à se hisser en Q3 avec sérénité, pavant la voie vers sa pole position. Mais la bienveillance d’Alonso pourrait avoir une autre conséquence dimanche. Qualifié à une brillante 6e place, Alonso s’élancera juste derrière les leaders. Si le départ devient chaotique, McLaren sait désormais qu’elle ne pourra attendre aucune faveur de la part de l’Espagnol.
Dans ce duel pour le titre, si Alonso doit choisir un camp dans le feu de l’action – que ce soit pour défendre une position ou laisser une porte entrouverte –, son cœur de pilote semble pencher vers le garage n°1. Et avoir un Fernando Alonso comme allié de circonstance est un atout que Lando Norris, lui, ne possède pas.
Fernando Alonso giving Max Verstappen a tow in the most important qualifying of the season 🤝 pic.twitter.com/7Ke2LtIXIH
— Autosport (@autosport) December 6, 2025
Ou alors un geste envers Honda.