La surprise 2026 pourrait venir d’Aston Martin. Damon Hill souligne l’impact potentiel d’Adrian Newey dans une ère réglementaire incertaine.

Rares sont ceux qui osent formuler des pronostics tranchés à quelques semaines de la révolution réglementaire de 2026. Damon Hill, lui, assume une intuition forte : Aston Martin pourrait bien être le grand trouble-fête de la prochaine ère de la Formule 1.
L’ancien champion du monde 1996 estime que l’ampleur des changements à venir — nouveaux moteurs, nouvelles voitures, nouvelles contraintes énergétiques — ouvre la porte à un scénario inattendu, comparable à celui de 2009. Cette saison-là, Brawn GP avait déjoué toute la hiérarchie en exploitant mieux que quiconque les failles du règlement, remportant les deux titres dès sa première année d’existence.
« Une surprise complète est possible », avance Hill, selon TalkSPORT. Dans son esprit, un nom s’impose naturellement : Adrian Newey. L’ingénieur le plus influent de l’ère moderne a quitté Red Bull pour Aston Martin et travaille depuis près d’un an sur le projet 2026. Pour Hill, ce détail change tout. Newey n’est pas seulement un excellent aérodynamicien, c’est surtout un lecteur hors pair des règlements techniques, capable d’identifier très tôt les zones grises exploitables.
Mais Hill nuance immédiatement son propos. Contrairement à 2009, une Formule 1 moderne ne se gagne plus avec un seul coup de génie aérodynamique. Le succès repose désormais sur l’alignement parfait de trois piliers : châssis, moteur et carburant. C’est là que subsistent les grandes inconnues du projet Aston Martin.
Sur le plan moteur, le pari Honda reste risqué. Le constructeur japonais a prouvé par le passé qu’il pouvait revenir au sommet, mais son programme 2026 démarre dans un contexte bien différent de celui qui avait conduit aux titres avec Red Bull. Le passage à une architecture hybride à 50 % électrique, sans MGU-H, représente un défi majeur, d’autant que Mercedes est largement perçue comme très avancée sur ce terrain.
Le facteur carburant est également un facteur d’incertitude supplémentaire. Aston Martin s’appuiera sur Aramco pour développer son carburant durable, une première en Formule 1 pour le groupe saoudien. Face à des acteurs historiques comme Shell ou Petronas, cette relative inexpérience pourrait peser, notamment sur la combustion et la gestion thermique, deux paramètres critiques dans la réglementation 2026.
En filigrane, Hill ne promet donc pas un titre. Il décrit plutôt une fenêtre. Celle d’une équipe qui, pour la première fois depuis longtemps, réunit les ingrédients d’un basculement : des moyens colossaux, des infrastructures neuves, un pilote de référence et surtout un architecte technique capable de penser à contre-courant.