Hamilton pense qu’il n’y aura “jamais de déclic” avec la SF-25

L’entente entre Hamilton et la SF-25 semble définitivement perdue, le Britannique estime que la connexion tant espérée avec sa voiture, ne se produira pas

C’est un aveu d’une lucidité désarmante, prononcé par un septuple champion du monde qui semble avoir épuisé toutes ses ressources mentales. Lewis Hamilton a quitté le paddock de Las Vegas non pas avec la satisfaction du devoir accompli après une remontée du fond de grille jusqu’aux points, mais avec la certitude amère que son mariage avec la Ferrari SF-25 est un échec.

Pour la première fois, le Britannique a verbalisé ce que les observateurs pressentaient : l’osmose avec sa monoplace ne s’est jamais produite et, selon ses propres termes, le déclic tant attendu n’arrivera plus.

Le Grand Prix de Las Vegas a agi comme un révélateur des difficultés rencontrées par Hamilton cette saison. Qualifié en dernière position à la régulière – une première en carrière –, le Britannique a souffert d’un mal chronique : l’incapacité à mettre ses gommes dans la bonne fenêtre de température sur un tour lancé.

Si sa remontée jusqu’à la huitième place finale (après la disqualification des McLaren) pourrait sembler honorable pour un pilote lambda, elle est jugée “sans valeur” par l’intéressé. Pour Hamilton, gagner dix places quand on part de si loin ne change rien à la réalité d’un “week-end négatif” qui s’inscrit dans ce qu’il qualifie désormais de “pire saison” de sa carrière.

L’aspect le plus inquiétant de cette déclaration réside dans le sentiment d’impuissance qui s’en dégage. Hamilton explique avoir “tout essayé”, aussi bien dans les réglages de la voiture que dans son approche du pilotage, sans jamais parvenir à trouver cette connexion instinctive qui fait la force de son coéquipier Charles Leclerc. « À ce stade, il n’y aura jamais de déclic. J’ai tout essayé, dans la voiture comme en dehors », a-t-il déclaré, selon Motorsport.

L’écart de performance est d’ailleurs criant au championnat : le Monégasque compte 73 points d’avance et sept podiums, là où Hamilton court toujours après son premier top 3 en course principale sous les couleurs rouges. La SF-25, avec ses caractéristiques pointues, semble rejeter le style de pilotage du Britannique, créant une spirale négative où chaque effort pour corriger le tir semble aggraver la situation.

Face à ce désarroi, Frédéric Vasseur tente de jouer les pompiers de service. Le directeur de la Scuderia a immédiatement cherché à tempérer les propos de son pilote, mettant cette sortie médiatique sur le compte de l’émotion “à chaud” après une course éprouvante. Vasseur rappelle à juste titre que le rythme affiché lors des essais libres était prometteur avant que la pluie ne vienne tout gâcher en qualification.

Il insiste sur la nécessité de garder la tête froide pour les deux dernières manches au Qatar et à Abu Dhabi, car Ferrari a désespérément besoin de points pour défendre sa position au championnat constructeurs, un objectif que Hamilton sent lui glisser entre les doigts, s’estimant en partie responsable du recul de l’équipe face à McLaren et Red Bull.

Pourtant, la phrase la plus lourde de sens prononcée par Hamilton concerne l’avenir. Interrogé sur son impatience de finir la saison, il a lâché qu’il n’attendait pas particulièrement 2026 avec enthousiasme. Une déclaration choc qui trahit une lassitude profonde, bien loin du discours habituel sur les espoirs de la nouvelle réglementation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *