Ferrari dégaine une suspension inédite pour relancer sa saison. Charles Leclerc et Lewis Hamilton en seront les premiers juges avant Spa.

Ferrari ne veut plus perdre de temps et compte bien passer à la vitesse supérieure. Alors que McLaren s’échappe au classement constructeurs et que Mercedes monte en puissance, la Scuderia s’apprête à tester une évolution technique très attendue cette semaine au Mugello, à huis clos… ou presque. Officiellement, il s’agit d’une simple journée de tournage mais en réalité, c’est un test hautement stratégique.
Ce mercredi, Charles Leclerc et Lewis Hamilton seront au volant de la SF-25 pour 200 km d’essais — la limite imposée par la FIA — afin d’évaluer la fameuse nouvelle suspension arrière, qui suscite beaucoup d’espoir en interne. C’est la première fois que cette pièce, déjà testée au simulateur, sera mise à l’épreuve de la piste. Si les résultats sont concluants, elle pourrait être installée dès le Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps.
La pièce maîtresse de cette évolution concerne le bras supérieur avant de la suspension arrière, dont la géométrie a été revue. Le défi consiste à abaisser le point d’ancrage sans fragiliser l’attache au niveau de la boîte de vitesses. Un casse-tête d’ingénierie, puisque l’enveloppe du carter est fabriquée en composite ultra-fin, conçu pour être aussi léger que possible sans céder sous la contrainte. L’objectif est de rendre la SF-25 moins sensible aux variations de hauteur de caisse, un défaut régulièrement pointé du doigt par les pilotes depuis le début de saison.
Selon les premières simulations, la combinaison du nouveau plancher (introduit au Red Bull Ring) et de cette suspension révisée pourrait faire gagner jusqu’à un dixième au tour. Ce n’est pas spectaculaire, mais dans un peloton aussi resserré, cela peut tout changer.
Le fret pour Spa doit bientôt être expédié, ce qui laisse peu de marge pour intégrer une nouveauté. Mugello devient donc un laboratoire express : si les retours des pilotes et les données télémétriques convergent, la suspension pourrait être homologuée pour la 13e manche de la saison.
Ferrari a jusqu’ici manqué toutes les opportunités de capitaliser sur les contre-performances de ses rivaux. Nico Hülkenberg, sur une Sauber motorisée par Ferrari, a même arraché un podium à Silverstone, pendant que Hamilton peinait à exploiter sa voiture sur une piste humide. Cela a été vécu comme une petite humiliation.
Pour Ferrari, ce test est aussi une façon d’envoyer un message. Certes, 2025 est une saison de transition. Mais non, la Scuderia ne baisse pas les bras. Avec Lewis Hamilton dans ses rangs, les attentes sont immenses. Le Britannique, qui dispute sa première saison en rouge, n’a pas encore goûté au champagne sur le podium. Quant à Leclerc, il s’accroche à un mince espoir de victoire, à condition que l’équipe débloque rapidement des performances.