La Scuderia Ferrari veut confirmer son réveil à Spa avec un pari technique audacieux pour rivaliser avec Mercedes sur les longues lignes droites.

Revigorée par sa victoire à Silverstone, Ferrari arrive au Grand Prix de Belgique avec une confiance retrouvée. Mais sur le tracé ultra-rapide de Spa-Francorchamps, la Scuderia sait qu’elle devra résoudre un défi majeur : rivaliser avec une Mercedes W17 qui pourrait profiter de ses avantages en matière d’efficacité sur les longues lignes droites. Pour y parvenir, l’écurie de Maranello prépare un package aérodynamique spécifique, pensé pour maximiser la vitesse de pointe de la SF-26.
Le Grand Prix de Grande-Bretagne a marqué un tournant dans la saison de Ferrari. En décrochant la victoire avec Charles Leclerc, la Scuderia a confirmé les progrès réalisés par sa monoplace, capable désormais de rivaliser avec Mercedes sur des circuits où la gestion de l’énergie et l’équilibre aérodynamique sont déterminants.
Mais Spa-Francorchamps représente un défi différent. Avec ses longues accélérations entre Eau Rouge-Raidillon, Kemmel et Blanchimont, le circuit belge met traditionnellement en avant les monoplaces les plus efficaces en vitesse de pointe. Ferrari sait que son groupe propulseur pourrait souffrir face à la référence Mercedes dans certaines phases du tour. La réponse de Loïc Serra et de son équipe technique consiste donc à réduire la traînée et exploiter au maximum les qualités naturelles de la SF-26.
La première évolution majeure concerne l’arrière de la monoplace. Pour la première fois cette saison, Ferrari devrait renoncer à son système de soufflage d’échappement STM afin d’adopter une configuration davantage orientée vers la vitesse pure.
Le concept, basé sur un échappement unique sans le mode « Flick Tail Mode », avait déjà été aperçu lors des essais libres du Grand Prix d’Autriche avec Dino Beganovic au volant de la voiture de Charles Leclerc. Cette expérimentation aurait permis aux ingénieurs de Maranello de préparer cette configuration spécifique pour Spa.
L’objectif est de récupérer plusieurs chevaux en supprimant certaines restrictions liées au système STM. Ferrari accepte ainsi de perdre une partie de l’appui généré à l’arrière par le soufflage des gaz d’échappement afin de gagner en efficacité dans les longues lignes droites du circuit belge.
Ce choix répond également à une logique d’anticipation. Les futurs règlements techniques de 2027 devraient interdire ce type de solution aérodynamique, poussant déjà les équipes à explorer de nouvelles voies pour produire de l’appui sans utiliser les gaz d’échappement.
La Macarena Evo, nouvelle arme aérodynamique de Ferrari
Ferrari prépare également une évolution de son aileron arrière , baptisée en interne « Macarena Evo ». Cette nouvelle version vise à améliorer encore l’efficacité aérodynamique de la SF-26 en créant davantage de déformation entre les différents éléments de l’aileron lorsque la voiture atteint de fortes charges aérodynamiques. L’objectif est double : conserver un niveau d’appui suffisant dans les portions rapides tout en réduisant la résistance à l’air dans les lignes droites.
Alors que Red Bull a connu plusieurs défaillances spectaculaires liées à ses éléments mobiles cette saison, Ferrari estime disposer d’une solution plus maîtrisée et plus fiable. Selon les données recueillies par l’équipe, cette évolution pourrait offrir un gain significatif en vitesse de pointe à la fin des longues accélérations de Spa.
Si les nouveautés aérodynamiques seront au centre de l’attention, la véritable force de la SF-26 pourrait une nouvelle fois se situer dans sa gestion de l’énergie. Spa-Francorchamps impose un exercice particulièrement complexe. Les secteurs 1 et 3 demandent un important déploiement électrique dans les longues portions rapides, tandis que le deuxième secteur, plus sinueux avec des virages comme Rivage, Pouhon ou Fagnes, est essentiel pour récupérer de l’énergie et préserver l’équilibre de la monoplace.
C’est dans ce domaine que Ferrari a impressionné à Silverstone. L’efficacité aérodynamique de la SF-26 lui permettait de consommer moins d’énergie électrique par tour, obligeant Mercedes à subir plus rapidement le phénomène de « clipping », lorsque la puissance électrique disponible diminue en fin de ligne droite.
À Spa, la bataille ne se jouera donc pas uniquement sur la puissance maximale des moteurs, mais aussi sur la capacité des équipes à exploiter intelligemment chaque phase de récupération et de déploiement énergétique.
Un pari risqué face à Mercedes
La météo pourrait toutefois redistribuer les cartes. Spa-Francorchamps est réputé pour ses conditions changeantes, et une piste humide obligerait Ferrari à revoir ses choix aérodynamiques afin de retrouver davantage d’appui.
Sur une piste sèche, la Scuderia semble toutefois prête à prendre un risque calculé. Après avoir surpris Mercedes à Silverstone, Ferrari veut démontrer que sa victoire n’était pas un simple coup d’éclat.
La SF-26 a-t-elle réellement changé de dimension ou Mercedes conservera-t-elle son avantage sur les circuits où la vitesse de pointe reste reine ? La réponse viendra directement du chronomètre.
🚨 | Ferrari is expected to introduce a more aggressive “Macarena” wing, potentially worth up to 11 km/h more top speed on Spa’s long straights.
— La Gazzetta Ferrari (@GazzettaFerrari) July 11, 2026
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