Colapinto s’expose à une soufflante après avoir ignoré les consignes d’Alpine

En refusant d’obéir aux consignes d’équipe à Austin, Colapinto s’expose à des conséquences qui pourraient compromettre son avenir en F1

C’est le genre d’incident qui, sur le papier, ne vaut pas trois lignes dans un résumé de course. Une bataille pour la 17ème place. Un dépassement entre coéquipiers à trois tours de l’arrivée. Sans intêret. Pourtant, la manœuvre de Franco Colapinto sur Pierre Gasly lors du Grand Prix des États-Unis est tout sauf anecdotique. En ignorant un ordre direct de son équipe, le jeune Argentin a commis une faute politique majeure qui pourrait lui coûter très cher.

La scène se déroule en fin de course. Les deux Alpine sont à l’agonie, en 17ème et 18ème positions, et tentent désespérément d’économiser du carburant. Dans leurs rétroviseurs, la Sauber de Gabriel Bortoleto, chaussée de pneus plus frais, fond sur eux. Pour éviter une humiliation totale et un double dépassement facile, le muret des stands d’Alpine donne une consigne claire aux deux pilotes : « hold position » (gardez vos positions).

Une instruction que Franco Colapinto a décidé de contester. « Il est lent ! », s’est-il plaint à la radio au sujet de Gasly. Puis, joignant le geste à la parole, il a plongé à l’intérieur de son coéquipier au virage 1 pour forcer le passage.

La réponse de la direction d’Alpine, par la voix de Steve Nielsen, a été aussi rapide que glaciale. Après avoir expliqué la situation (gestion de l’essence, pression de Bortoleto), il a rappelé une règle de base : « En tant qu’équipe, toute instruction donnée par le muret des stands est obligatoire. Aujourd’hui, nous sommes déçus que cela ne se soit pas produit. C’est quelque chose que nous allons revoir et gérer en interne. »

Le langage diplomatique ne trompe personne. C’est la confirmation d’une insubordination claire et le prélude à une explication de texte musclée.

L’Argentin a bien tenté de justifier son acte. Selon lui, Gasly le ralentissait tellement que Bortoleto allait « [les] doubler tous les deux ». Il a donc estimé qu’il valait « mieux pour la situation » qu’il soit devant. C’est l’argument classique du pilote qui se croit plus lucide que son ingénieur. Un argument qui, en F1, est rarement recevable. Que la stratégie du stand soit bonne ou mauvaise, un ordre est un ordre, surtout quand on se bat pour des miettes.

C’est là que la manœuvre de Colapinto constitue une erreur de jugement. Le jeune pilote, propulsé titulaire en cours de saison à la place de Jack Doohan, n’a toujours pas marqué le moindre point. Sa place pour 2026 est tout sauf garantie, la menace Paul Aron planant sur son baquet.

Dans ce contexte, se montrer indiscipliné et défier ouvertement l’autorité du stand pour le gain sans gloire de la 17ème place est une faute politique grave. Il ne se bat pas seulement pour une place sur la feuille de temps, il se bat pour sa carrière. En voulant prouver sa vitesse, Colapinto a surtout prouvé qu’il pouvait être ingérable, un luxe qu’un pilote sans point et sans contrat ferme pour l’avenir ne peut tout simplement pas se permettre.

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