McLaren envisage d’imposer des consignes d’équipe pour protéger ses chances face à Verstappen, désormais à 40 points de Piastri après Austin

Andrea Stella a le fantôme de 2007 qui hante ses nuits. Une saison qu’il a vécue non pas chez McLaren, mais depuis le muret d’à côté, celui de Ferrari, en tant qu’ingénieur de Kimi Räikkönen. Il a vu, aux premières loges, comment une guerre fratricide entre deux coéquipiers (Hamilton et Alonso) a fini par offrir le titre mondial, contre toute attente, au troisième “larron”.
Aujourd’hui, Andrea Stella est le patron de McLaren, mais l’histoire risque de se reproduire dans l’autre sens. Ses deux pilotes, Oscar Piastri et Lando Norris, se battent roue contre roue, se volent des points précieux à chaque Grand Prix. Le troisième homme, un certain Max Verstappen, n’est plus qu’à 40 points du leader après un sans faute à Austin.
C’est dans ce contexte que la belle philosophie “Papaya”, celle qui prône la liberté totale de se battre, commence à se fissurer. Le titre constructeurs est en poche, certes. Mais le titre pilotes, l’objectif ultime, est désormais en péril. Interrogé à Austin sur l’éventualité d’imposer des consignes d’équipe, Andrea Stella a cessé d’esquiver. Il a ouvert la porte.
« Quand il s’agira de devoir prendre une décision concernant un pilote, cela ne sera dicté que par les mathématiques », a prévenu le directeur italien. Une phrase qui sonne comme un avertissement pour ses deux pilotes. Il a ajouté qu’il ne “fermerait la porte [à un pilote] que si elle est fermée par les mathématiques”, rappelant au passage 2007 et 2010, deux saisons où le favori évident n’a pas gagné. L’expérience parle.
Tant que les deux pilotes sont en lice, le jeu continue. Mais dès que l’un des deux sera mathématiquement distancé, ou que le risque de voir Verstappen rafler la mise deviendra trop grand, le couperet tombera. La priorité absolue n’est plus de savoir lequel des deux pilotes McLaren sera champion, mais de s’assurer qu’un pilote McLaren le soit.
Cette perspective, ironiquement, n’enchante pas le leader actuel du championnat. Oscar Piastri, bien qu’il ait perdu du terrain lors des quatre dernières courses, refuse l’idée d’être favorisé. « C’est encore incroyablement serré », a-t-il plaidé. « Nous avons tous les deux dit que nous voulions une opportunité de nous battre pour le championnat parce que nous le méritons. C’est beaucoup trop proche pour commencer à en choisir un plutôt que l’autre. »
C’est la position classique du pilote qui veut gagner à la loyale. Mais c’est un luxe que McLaren n’aura peut-être bientôt plus les moyens de s’offrir. La cordialité entre Norris et Piastri est une chose, mais la menace d’une cinquième couronne pour Verstappen en est une autre. Le compte à rebours est lancé.
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— McLaren (@McLarenF1) October 20, 2025