Le rêve américain de Cadillac se heurte à une crise interne : des employés britanniques refusent de quitter la Motorsport Valley pour les États-Unis

La première saison de Cadillac en Formule 1 s’apparente à un véritable chemin de croix. L’écurie américaine, novice en 2026, peine à trouver du rythme sur la piste, et c’est désormais en coulisses qu’une crise menace de fragiliser son projet. Selon des informations rapportées par la journaliste Jacky Martens, General Motors aurait posé un ultimatum à une partie de son personnel basé en Europe : accepter un transfert vers les États-Unis ou quitter l’équipe. Une décision qui aurait déjà entraîné les premiers départs.
Jusqu’à présent, Cadillac fonctionnait sur un modèle transatlantique. Si le siège officiel de l’équipe est installé dans l’Indiana, le véritable cœur technique du projet – développement, production et logistique – est implanté à Silverstone, au sein de la célèbre « Motorsport Valley » britannique. Un équilibre que General Motors souhaiterait désormais remettre en question.
L’objectif affiché par le constructeur américain est de rapatrier progressivement l’essentiel des activités aux États-Unis afin de centraliser le fonctionnement de l’écurie.
Selon Jacky Martens, qui s’est exprimée dans le podcast Paddock Access, le message adressé aux salariés concernés est sans ambiguïté : « Vous avez le choix. Vous pouvez venir avec nous aux États-Unis, et si vous ne voulez pas le faire, c’est terminé, vous n’avez plus de travail. »
Toujours selon cette même source, plusieurs employés auraient déjà commencé à quitter l’équipe ou à chercher un poste dans d’autres structures installées au Royaume-Uni.
Un risque majeur pour Cadillac
Cette stratégie pourrait rapidement se retourner contre Cadillac. Pour bâtir son projet, l’écurie a recruté de nombreux profils expérimentés issus de la Formule 1, dont la plupart vivent et travaillent depuis des années en Grande-Bretagne.
Parmi les principales figures du projet figurent notamment :
- Graeme Lowdon, directeur de l’équipe ;
- Nick Chester, directeur technique ;
- John McQuilliam, designer en chef ;
- Pat Symonds, responsable de l’ingénierie ;
- Paul Monaghan, récemment recruté en provenance de Red Bull.
Demander à ces spécialistes de quitter la Motorsport Valley représente un défi de taille. Cette région concentre la majorité des équipes de Formule 1, des fournisseurs spécialisés et des bureaux d’études de la discipline. C’est précisément cette proximité qui permet aux écuries de recruter rapidement les meilleurs ingénieurs et de développer leurs monoplaces à un rythme soutenu.
Haas a choisi une approche différente. Malgré ses racines américaines et son siège administratif installé en Caroline du Nord, l’équipe conserve son cœur opérationnel en Europe, avec ses activités techniques réparties entre Banbury au Royaume-Uni et Maranello en Italie.
Cadillac ne dispose d’ailleurs pas encore de sa propre soufflerie aux États-Unis. L’équipe utilise actuellement les installations de Toyota à Cologne, en Allemagne, en attendant de poursuivre le développement de ses infrastructures.
Un projet américain assumé
Ce choix s’inscrit dans la volonté de General Motors de construire une équipe pleinement américaine, capable à terme de produire sa propre unité de puissance dans le Michigan à partir de 2029.
Cette stratégie répond à la volonté de General Motors de bâtir une équipe made in USA. Elle pourrait toutefois se heurter à une réalité bien connue du paddock : les compétences clés de la F1 restent aujourd’hui concentrées en Europe.
Pendant ce temps, les résultats sportifs restent très modestes. Sergio Pérez et Valtteri Bottas cherchent toujours à offrir à Cadillac ses premiers points en championnat.
En voulant rapprocher Cadillac de ses racines américaines, General Motors prend le risque de fragiliser l’équipe au moment où elle a justement besoin de stabilité. Le plus difficile ne sera peut-être pas de construire une usine, mais de reconstruire une culture F1.




















