L’arrivée de Michael Schumacher chez Ferrari a laissé un goût amer à Jean Alesi, qui n’a jamais oublié le mensonge de Jean Todt à son sujet.
L’arrivée de Michael Schumacher chez Ferrari en 1996 a changé le destin de la Scuderia. Mais pour Jean Alesi, cette révolution a surtout marqué la fin brutale de son aventure à Maranello. Près de trente ans après les faits, le Français garde notamment en travers de la gorge un mensonge de Jean Todt au sujet de l’arrivée du pilote allemand.
Avant de devenir la référence absolue de la Formule 1, Ferrari traversait une période compliquée. En 1995, la Scuderia peinait à offrir une monoplace suffisamment fiable et performante à Jean Alesi et Gerhard Berger. Les deux pilotes ont cumulé 14 abandons et terminé respectivement cinquième et sixième du championnat.
Pendant ce temps, Michael Schumacher dominait la discipline avec Benetton. Le pilote allemand venait de décrocher deux titres mondiaux consécutifs et les rumeurs annonçant son arrivée chez Ferrari pour 1996 devenaient de plus en plus insistantes.
Jean Alesi a alors décidé d’aller directement voir Jean Todt pour obtenir des réponses. Récemment invité du High Performance Podcast, le Français a raconté cette discussion. Lorsqu’il lui a demandé si les rumeurs concernant Schumacher étaient fondées, le directeur de Ferrari lui aurait répondu que non.
Quelques mois plus tard, Alesi a découvert que la réalité était tout autre. « Quand j’ai découvert la vérité, cela a vraiment dégradé notre relation », a-t-il expliqué.
Schumacher avait imposé ses conditions
L’arrivée de Schumacher ne devait pas être une simple modification du duo de pilotes. Selon Alesi, le futur pilote Ferrari avait fixé des conditions très précises lors des négociations avec la Scuderia.
Le double champion du monde voulait notamment pouvoir choisir son coéquipier et bénéficier d’une priorité totale sur certains aspects de la vie de l’équipe. Il souhaitait également avoir la priorité sur la voiture de réserve, le fameux « mulet » utilisé à l’époque.
Pour Alesi, les conséquences étaient donc très claires : lui et Berger n’avaient aucune possibilité de conserver leur volant. « Tout reposait sur lui, et nous n’avions aucune chance de rester », a raconté le Français.
Lorsque le présentateur lui a résumé la situation par un simple « Si Michael arrive, vous partez », Alesi a confirmé. Selon son témoignage, cette condition figurait bien dans le contrat de Schumacher avec Ferrari.
Alesi et Berger quittent Ferrari pour Benetton
La suite a donné lieu à un étonnant chassé-croisé. Écartés de Ferrari pour faire place à Schumacher, Alesi et Berger ont rejoint Benetton, l’équipe que le pilote allemand venait de quitter après ses deux titres mondiaux.
Schumacher, lui, a choisi Eddie Irvine pour l’accompagner chez Ferrari en 1996. Le Nord-Irlandais restera quatre saisons à Maranello avant de laisser sa place à Rubens Barrichello en 2000.
Les résultats de la Scuderia n’ont toutefois pas immédiatement confirmé le bien-fondé de cette révolution. Williams a remporté les championnats 1996 et 1997, avant que McLaren ne s’impose en 1998 et 1999.
La patience a finalement payé. À partir de 2000, Schumacher a remporté cinq titres mondiaux consécutifs et Ferrari a également dominé le championnat des constructeurs. La décision prise quelques années plus tôt de reconstruire complètement l’équipe autour du pilote allemand allait ainsi déboucher sur l’une des plus grandes périodes de domination de l’histoire de la F1.
Pour Alesi, cette réussite n’efface toutefois pas le souvenir de son départ. Ce qui semble encore le marquer près de trente ans plus tard n’est pas seulement d’avoir perdu sa place chez Ferrari, mais surtout d’avoir appris que Jean Todt lui avait caché la vérité.


