Le duel Horner-Wolff rebondit loin de la piste : les deux hommes convoitent les parts d’Alpine détenues par Otro Capital

La rivalité la plus féroce de la Formule 1 moderne vient de s’inviter sur le terrain de la haute finance. Christian Horner, évincé de Red Bull l’été dernier, préparait son retour par la grande porte en lorgnant sur les parts d’Alpine. C’était sans compter sur l’ombre de Toto Wolff, bien décidé à jouer les trouble-fête dans ce qui ressemble de plus en plus à un acte de sabotage politique.
Libéré de tout engagement contractuel à partir de mai 2026, Christian Horner ne cache plus ses ambitions de retour. Son regard s’est posé sur les 24 % du capital d’Alpine détenus par le fonds Otro Capital. Mais l’enjeu pour Horner dépasse le simple rôle opérationnel qu’il a occupé pendant vingt ans. Il envisage une entrée par la grande porte via un consortium d’investisseurs, avec l’appui discret de figures historiques comme Bernie Ecclestone. Cette manœuvre ferait de lui un associé-propriétaire, une position de force inédite au sein d’une structure d’Enstone qui se cherche un nouveau souffle.
Cette ascension programmée s’est toutefois heurtée à un obstacle de taille. Selon des révélations du Telegraph, Toto Wolff étudie désormais la possibilité de racheter ces mêmes parts pour un ticket d’entrée avoisinant les 520 millions d’euros. Si l’aspect financier est indéniable, la dimension stratégique est d’empêcher à tout prix son ancien rival de s’installer durablement dans le paddock. La rivalité ne s’est pas éteinte avec le départ de Horner de chez Red Bull ; elle s’est simplement déplacée des murets des stands vers les bureaux des banques d’affaires.
Dans ce bras de fer, Toto Wolff dispose d’un avantage que l’argent seul ne peut acheter : la dépendance technique. Depuis le début de la nouvelle ère réglementaire, Alpine est devenue une écurie cliente de Mercedes, utilisant ses unités de puissance et ses boîtes de vitesses jusqu’en 2030. Ce partenariat place l’étoile de Stuttgart dans une position d’influence absolue vis-à-vis du groupe Renault et de Flavio Briatore.
Il est difficile d’imaginer une coopération technique sereine entre Brackley et Enstone si Christian Horner venait à s’asseoir à la table du conseil d’administration. Wolff sait que cette “menace” de tension interne pèse lourd dans les réflexions des décideurs français. En proposant de devenir actionnaire, Mercedes propose de verrouiller une alliance technique et de transformer Alpine en une véritable équipe satellite, sur le modèle éprouvé de Red Bull avec Racing Bulls.
Cette possible mainmise de Mercedes sur Alpine ne manquera pas de faire réagir. Dans un paddock déjà échaudé par les débats sur la multipropriété, l’arrivée de Toto Wolff au capital d’un client moteur relancerait les critiques, notamment celles de Zak Brown. Le patron de McLaren martèle depuis longtemps que ces synergies brouillent l’équité sportive du championnat. Une entrée de Mercedes chez Alpine créerait un pôle technique d’une puissance redoutable, mais au prix d’une polémique réglementaire majeure.





















