Vasseur fulmine contre une décision « injuste » de la FIA

Frédéric Vasseur ne digère pas le changement de règle sur les départs, qui réduit selon lui un avantage technique construit par Ferrari.

La Formule 1 arrive à Montréal avec un nouveau sujet de tension entre Ferrari et la FIA. À quelques jours du Grand Prix du Canada, Frédéric Vasseur a fait part de son agacement après la modification de la procédure de départ introduite en cours de saison.

Pour le patron de la Scuderia, Ferrari avait fait un choix technique clair en concevant sa monoplace 2026, notamment pour optimiser les départs. Ce choix, parfaitement conforme au règlement initial, vient désormais d’être en partie neutralisé par une intervention de la FIA.

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Depuis le début de la saison, Ferrari s’est montrée particulièrement efficace au moment de l’extinction des feux. Charles Leclerc et Lewis Hamilton ont notamment profité de très bons envols lors des premières courses, un avantage directement lié aux choix effectués par Maranello autour de son groupe propulseur.

La Scuderia avait opté pour un turbo plus petit afin de réduire le temps de réponse au départ. Ce pari technique avait un coût, notamment en matière de performance pure, mais il permettait aux Ferrari de mieux jaillir depuis la grille.

C’est précisément ce que Vasseur reproche aujourd’hui à la FIA : Ferrari avait accepté les contraintes du règlement tel qu’il existait, avant de voir son avantage réduit par une modification arrivée en cours de route.

La FIA modifie la séquence de départ

Pour des raisons de sécurité, la fédération a d’abord introduit une lumière bleue donnant aux pilotes quelques secondes supplémentaires pour faire monter leur turbo en régime avant le départ.

Puis, à Miami, une étape supplémentaire a été ajoutée : en cas de mauvais lancement, le MGU-K peut désormais intervenir plus tôt pour apporter un surplus de puissance, alors que l’énergie électrique ne devait initialement être disponible qu’au-dessus de 50 km/h.

Ce changement vise à éviter qu’une voiture reste quasiment bloquée sur la grille, avec le danger évident que cela représente pour les pilotes placés derrière.

Vasseur ne conteste pas totalement l’argument sécuritaire. Mais il estime que Ferrari paie aujourd’hui le prix d’une décision prise après coup, alors que ses rivaux n’avaient pas fait les mêmes choix techniques. « Imaginez, sans la lumière bleue, certaines voitures seraient encore sur la grille en Chine », a-t-il déclaré à The Race.

Avant d’ajouter : « On peut mettre les raisons de sécurité sur la table, et c’est le droit de la FIA. Je dois simplement l’accepter. Mais au final, je pense que c’est aussi un peu injuste pour nous. »

Vasseur rappelle avoir alerté la FIA

Ce qui agace surtout le patron de Ferrari, c’est le sentiment d’un revirement. Vasseur affirme avoir déjà évoqué ce sujet avec la FIA l’an dernier. À l’époque, la réponse reçue consistait à dire que les équipes devaient concevoir leurs voitures en fonction du règlement, et non attendre que le règlement soit adapté à leurs difficultés.

C’est précisément ce que Ferrari estime avoir fait. « Nous avons développé un moteur selon un critère, et d’une certaine manière, ils ont changé la règle à la dernière minute. »

Vasseur juge donc que la Scuderia est pénalisée pour avoir anticipé un problème que d’autres équipes n’auraient pas su gérer aussi efficacement.

Le Français estime même qu’une autre solution aurait pu être envisagée : faire partir depuis la voie des stands les voitures dont le système de départ était jugé trop risqué, plutôt que de modifier la règle pour l’ensemble du plateau.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

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