Un championnat du monde porté par la WMC pourrait bientôt voir le jour : des voitures plus légères, plus bruyantes et plus spectaculaires qu’en F1

L’écosystème de la Formule 1, souvent perçu comme une forteresse imprenable, pourrait bientôt faire face à une concurrence surprenante. Une nouvelle organisation, basée en Serbie, a annoncé par voie de communiqué son intention de lancer un championnat du monde de monoplaces d’ici deux à trois ans, avec l’ambition non dissimulée de rivaliser directement avec la discipline reine du sport automobile.
Sur le papier, le projet a de quoi séduire les puristes. Baptisé “Formula World Championship”, il est porté par une entité se présentant comme la “World Motorsport Confederation” (WMC), un alter ego autoproclamé de la FIA. Le programme est ambitieux : un championnat de 17 courses nommées “Grand Trophy” sur tous les continents, avec une grille fournie de 28 voitures réparties en 14 équipes.
Le cœur de la proposition réside dans la philosophie de la voiture. Loin des complexes et lourdes F1 hybrides actuelles, la WMC promet une monoplace identique pour tous bien plus légère, à 650 kg, propulsée par un moteur atmosphérique de 850 chevaux. Une formule qui évoque instantanément le son strident des V10 et V12 d’antan, une musique que beaucoup de fans regrettent. Le projet est chapeauté par Enrique Scalabroni, un ingénieur au CV solide, passé par Williams, Ferrari et Lotus dans les années 80 et 90.
Mais, derrière cette annonce alléchante, les zones d’ombre sont nombreuses. La WMC, fondée en 2021, reste une coquille quasi vide, avec un site internet se résumant à un logo et une adresse mail. Interrogés sur le financement d’une entreprise aussi colossale, ses porte-paroles sont restés évasifs.
Le nom du président de la WMC, Zoran Stefanovic, ravivera sans doute des souvenirs chez les suiveurs les plus assidus de la F1. L’homme d’affaires serbe n’est pas un inconnu. Il est le cerveau derrière le projet “Stefan GP”, qui avait tenté sans succès de rejoindre la grille de la F1 en 2010 en rachetant les actifs de Toyota, avant d’autres tentatives avortées. Ce passif a de quoi justifier du scepticisme sur la viabilité de cette nouvelle annonce.
Plus troublant encore, une enquête du site PlanetF1.com a révélé des liens entre la WMC et d’autres entités locales, comme le “Partizan Car Club”, des liens pourtant niés par l’organisation malgré leur présence dans des registres publics. Cette opacité et ce manque de transparence contrastent fortement avec les ambitions affichées.
Alors, que penser de cette initiative ? D’un côté, l’idée d’une compétition plus simple, plus bruyante, avec plus de voitures sur la grille, a un potentiel de séduction indéniable. D’un autre côté, le manque de fonds clairs, le passé de son promoteur et le flou qui entoure l’organisation rendent le projet hautement spéculatif.
Le “Formula World Championship” ressemble pour l’instant davantage à un nouveau chapitre dans la longue quête de Zoran Stefanovic pour exister dans le sport automobile qu’à une menace crédible pour la Formule 1. Mais dans ce milieu, les surprises ne sont jamais à exclure.
N’importe quoi…
Ce n’est pas le premier avril les gars mdr