Verstappen voit son entourage disparaître : Marko, Horner, Newey, Wheatley, Marshall… Red Bull se vide et le champion se retrouve seul face à 2026

Si Max Verstappen a perdu le titre mondial 2025 pour deux petits points, il a perdu bien plus que cela au cours des derniers mois : il a perdu sa famille. Le garage Red Bull, autrefois forteresse imprenable construite autour du prodige néerlandais, ressemble aujourd’hui à une coquille vide. Le départ confirmé d’Helmut Marko est l’acte final d’une décomposition du système qui a permis à Verstappen de régner sur la F1.
En l’espace d’une saison et demie, le quadruple champion du monde a vu disparaître ses mentors, ses protecteurs politiques, ses génies techniques et même ses confidents. Il se retrouve aujourd’hui comme le dernier survivant d’une époque révolue, seul maître à bord d’un navire qui a changé d’équipage en pleine tempête.
La fin de la protection politique (Marko & Horner)
Le départ d’Helmut Marko, officialisé ce mardi, est le coup de grâce affectif. Marko n’était pas seulement un conseiller ; il était celui qui a repéré Verstappen à 15 ans, l’a propulsé en F1 à 17 ans et a servi de figure paternelle de substitution dans le paddock. Son départ, motivé par l’amertume de la défaite d’Abu Dhabi, laisse Verstappen sans son bouclier historique face à la direction de Red Bull GmbH.
Ce départ survient après le séisme du licenciement de Christian Horner. Malgré les tensions qui ont pu exister entre le clan Verstappen et le directeur britannique en 2024, Horner restait l’architecte de l’équipe, celui qui tenait la barre depuis 20 ans. En perdant coup sur coup ses deux têtes pensantes, l’écurie a perdu son ADN. Laurent Mekies, le nouveau directeur, hérite d’une structure performante mais décapitée de ses figures tutélaires.
La fuite des cerveaux techniques
Si la perte de Marko est sentimentale, celle des ingénieurs est une menace existentielle pour la performance. Verstappen a vu partir ceux qui dessinaient ses fusées.
- Adrian Newey, le génie de l’aéro, officie désormais chez Aston Martin.
- Rob Marshall, pilier de l’ingénierie, fait les beaux jours de McLaren (et a contribué à la voiture qui vient de battre Red Bull).
- Jonathan Wheatley, le directeur sportif et maître des arrêts aux stands, prépare l’arrivée d’Audi.
- Will Courtenay, le chef de la stratégie, a rejoint McLaren.
C’est une saignée sans précédent. Verstappen doit désormais faire confiance à une nouvelle garde technique pour aborder le virage réglementaire de 2026. L’assurance d’avoir la meilleure voiture du plateau, garantie par Newey pendant une décennie, n’existe plus.
Le cercle intime brisé : Stevenson et le doute Lambiase
L’isolement de Verstappen touche même son cercle le plus proche, celui qui opère à quelques centimètres de sa voiture. Le départ de Lee Stevenson, son chef mécanicien depuis 2016, pour Sauber plus tôt dans la saison, a été un coup dur personnel. C’était l’homme qui l’attachait dans le cockpit, une relation de confiance aveugle.
Reste le cas de Gianpiero Lambiase (“GP”). L’ingénieur de course, dont la voix calme a guidé Verstappen vers tous ses succès, a été vu en larmes après la finale d’Abu Dhabi, la tête entre les mains. Si les dernières informations indiquent qu’il devrait rester en poste pour 2026, l’émotion affichée trahit une usure extrême.
Lambiase a d’ailleurs manqué plusieurs courses cette année pour raisons personnelles. Il est le dernier pilier debout de l’ancienne garde. S’il venait à changer de rôle ou à prendre du recul, Max Verstappen se retrouverait en 2026 dans une écurie qui porterait toujours le nom de Red Bull, mais où il serait un étranger dans sa propre maison.
La question n’est plus de savoir si Red Bull peut construire une voiture gagnante sans eux, mais si Max Verstappen aura envie de rester dans une équipe qui n’a plus rien à voir avec celle qui l’a fait roi.
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— Oracle Red Bull Racing (@redbullracing) December 10, 2025