Norris vs Piastri : La consigne de McLaren est tombée

McLaren joue avec le feu : Norris et Piastri seront libres de s’affronter à Abu Dhabi, tandis que Verstappen guette la moindre erreur.

Photo Sam Bagnall/Sutton Images

Lando Norris ne compte plus que 12 points d’avance sur Max Verstappen et 16 sur Oscar Piastri. La logique comptable aurait voulu que McLaren prenne des mesure pour maximiser ses chances de remporter le titre pilote. Que l’équipe désigne un leader, protège son meilleur atout et sacrifie l’autre.

Mais à Woking, on a décidé de jouer avec le feu jusqu’au bout. La “consigne” a été confirmée et elle tient en trois mots qui font trembler les statisticiens de l’équipe : “Laissez-les courir.”

Zak Brown, le PDG de l’écurie, a tranché. Il n’y aura pas de changement de philosophie pour la finale. Pas d’ordre artificiel, pas de hiérarchie imposée dès le premier virage du Grand Prix d’Abu Dhabi de Formule 1. C’est un choix d’une pureté sportive admirable, mais d’une dangerosité stratégique absolue face à un prédateur comme Verstappen.

Cette liberté, c’est d’abord Oscar Piastri qui la défend. L’Australien, mathématiquement encore en lice pour le titre (bien qu’il lui faille un miracle), a publiquement soutenu l’approche de ses patrons.

« Je ne pense pas que nous ayons besoin de changer cette approche », a-t-il affirmé à GPblog. Pour lui, l’équité n’est pas une faiblesse, c’est l’ADN de sa relation avec l’équipe. Il reconnait que l’épisode de Monza (où son dépassement sur Norris avait coûté des points à l’équipe) a fait jaser, mais il refuse de voir le mal partout.

Piastri admet aussi que si Lando Norris est devant, ce n’est pas grâce à la politique, mais à la performance. « Lando a été très rapide ces dernières semaines. De mon côté, j’ai eu des problèmes avec la voiture et je n’ai tout simplement pas été au niveau. » Un aveu qui dédouane l’équipe de ses propres contre-performances récentes.

Pourtant, cette décision pourrait coûter très cher dimanche soir. En refusant d’imposer des consignes, McLaren s’expose au scénario catastrophe : voir ses deux pilotes se battre, user leurs gommes, voire s’accrocher, pendant que Max Verstappen ramasse la mise.

On se souvient de 2007, où cette même écurie McLaren avait laissé Alonso et Hamilton se neutraliser, offrant le titre sur un plateau à Kimi Räikkönen et Ferrari. Avec seulement 12 points d’écart entre Norris et Verstappen, la marge d’erreur est inexistante. Si Piastri gagne la course et que Norris finit 3e ou 4e derrière Verstappen, le titre pourrait s’envoler. Zak Brown assume ce risque. Il estime qu’imposer une règle stricte maintenant n’aurait “aucun sens”.

Dimanche à Yas Marina, Lando Norris ne devra donc pas seulement surveiller ses rétroviseurs pour voir où est Max Verstappen. Il devra aussi regarder devant, ou à côté, pour voir ce que fait son propre coéquipier.

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