Marko vide son sac et incrimine Horner pour l’échec de Max

Helmut Marko accuse Christian Horner d’avoir coûté le titre 2025 à Verstappen. Selon lui, le limogeage est arrivé trop tard pour sauver Red Bull.

Deux petits points. C’est l’écart infime qui a séparé Max Verstappen de Lando Norris au terme du Grand Prix d’Abu Dhabi, privant le Néerlandais d’un cinquième sacre consécutif. Alors que la poussière retombe à peine sur cette saison 2025 sous haute tension, Helmut Marko a réglé ses comptes avec une violence inouïe. Pour l’ancien conseiller de Red Bull, la défaite n’est pas technique, elle est managériale : le licenciement de Christian Horner est intervenu trop tard.

Alors que les deux hommes forts historiques de Milton Keynes quittent le navire — Horner limogé après Silverstone, Marko remercié après la finale — l’Autrichien livre sa version de l’histoire.

L’argument central de Marko repose sur le timing. Red Bull a bien fini par écarter Christian Horner à l’été 2025, après le Grand Prix de Grande-Bretagne, confiant les rênes à une nouvelle structure sous la supervision d’Oliver Mintzlaff. Cette décision a permis un redressement spectaculaire des performances en piste après la pause estivale.

Cependant, pour l’Autrichien de 82 ans, le mal était déjà fait. Si cette restructuration avait eu lieu quelques mois plus tôt, la sérénité technique aurait permis de sauver les quelques points manquants face à McLaren. « Si nous l’avions fait plus tôt, nous aurions redressé la situation plus rapidement et Max Verstappen aurait été champion du monde cette année. J’en suis absolument convaincu », assène Marko dans les colonnes du De Limburger.

Cette déclaration souligne un aspect souvent négligé de la F1 : la performance d’une monoplace dépend autant de l’ambiance dans le bureau des ingénieurs que de la qualité de la soufflerie. La guerre des chefs a parasité le développement de la RB21 durant la phase critique du printemps.

2022 : La rupture du pacte fondateur

La fracture entre les deux hommes forts de Milton Keynes ne date pas de cette saison. Elle trouve sa source dans la disparition de Dietrich Mateschitz en octobre 2022. L’équilibre des pouvoirs, jusque-là détenu par la branche autrichienne, a vacillé. Christian Horner a immédiatement tenté de combler ce vide en se rapprochant de Chalerm Yoovidhya, l’actionnaire majoritaire thaïlandais.

Cette manœuvre visait à contourner l’autorité de Graz (le QG autrichien) pour prendre le contrôle total des opérations. Marko décrit une tentative de prise de pouvoir cynique, initiée alors même que le fondateur de la marque était mourant. En s’alliant avec la partie thaïlandaise de l’actionnariat, Horner pensait s’immuniser contre toute ingérence de Marko ou Mintzlaff, créant deux camps rivaux au sein d’une même structure.

L’aspect le plus troublant des révélations concerne les méthodes utilisées dans cette lutte d’influence. Marko affirme que des polémiques ont été fabriquées de toutes pièces pour le discréditer.

Il revient notamment sur deux épisodes marquants :

  1. L’affaire “Sergio Pérez” : Marko suggère que ses propos controversés sur la “concentration” des pilotes latino-américains (qui visaient Pérez) ont été instrumentalisés, voire déformés par le clan Horner pour créer un scandale médiatique.
  2. La rumeur Ford : En 2024, une rumeur prétendait que Marko avait critiqué le retard du moteur Red Bull Powertrains pour faire fuir le partenaire Ford. L’Autrichien nie catégoriquement et accuse Horner d’avoir lancé ce bruit pour justifier une suspension interne à Djeddah.

On se souvient que c’est l’intervention directe de Max Verstappen en Arabie saoudite — menaçant de partir si son mentor était touché — qui avait sauvé la tête de Marko à l’époque.

Finalement, si Christian Horner a perdu son poste en 2025, c’est parce qu’il a perdu son unique soutien : Chalerm Yoovidhya. La fidélité de l’actionnaire thaïlandais s’est érodée face à ce que Marko qualifie de “mensonges répétés”. Une fois la confiance rompue au sommet de la holding, le directeur d’équipe britannique s’est retrouvé sans protection face à la direction autrichienne qui réclamait son départ depuis des mois.

Aujourd’hui, Red Bull Racing entame l’ère 2026 sans ses deux figures tutélaires. Si Marko quitte le navire avec amertume, qualifiant le communiqué de presse de son départ de “tissu d’absurdités”, il laisse derrière lui une certitude : en Formule 1, la politique interne est parfois l’adversaire le plus redoutable, et en 2025, c’est elle qui a battu Max Verstappen.

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