Domenicali veut séduire les jeunes avec des courses plus courtes, mais Alonso et Verstappen défendent la tradition des Grands Prix longs et stratégiques.

Un sujet a animé le paddock à Monza : faut-il réduire la durée des Grands Prix pour séduire un public jugé impatient ? Stefano Domenicali y voit un levier d’attractivité, mais plusieurs pilotes s’opposent frontalement à cette idée.
Fernando Alonso a dégainé le premier : « Je serai devant la télé si ça arrive », a-t-il lancé avec ironie. Puis il a développé : « Le problème n’est pas la Formule 1. Les matchs de foot durent 90 minutes et personne ne demande de les ramener à une heure. C’est la société qui change, pas le sport. »
Pour lui, l’essence de la F1 réside dans la longueur : c’est elle qui permet d’élaborer des stratégies, de gérer les pneus, et de remonter en course. « Quand c’est trop court, comme en sprint, il n’y a plus de marge. Tout le monde a les mêmes pneus, et il est impossible de remonter. » Alonso en profite pour plaider une autre piste : le retour des ravitaillements en essence, qui offriraient selon lui des scénarios bien plus variés et excitants.
Max Verstappen, de son côté, partage ce scepticisme. Le quadruple champion du monde admet que les sprints apportent du spectacle, mais il met en garde contre les excès : « La F1, c’est comme ça depuis les années 1950. On doit évoluer, oui, mais pas devenir fous. Les sprints suffisent. La longueur actuelle des Grands Prix est parfaite. »
Pour lui, l’imprévisibilité fait partie du charme : « Dans le sport, il y a des moments incroyables et d’autres où tu t’ennuies. Mais si c’était toujours spectaculaire, ça finirait par devenir lassant. »
Kimi Antonelli, la jeune recrue de Mercedes, se montre plus ouvert à l’idée de multiplier les sprints, mais avec prudence. « Avec les stratégies actuelles à un seul arrêt, il faudrait tout réinventer. Je ne suis pas sûr que ça change grand-chose », tempère-t-il.
Entre la volonté des dirigeants de séduire la génération TikTok et les pilotes attachés à la tradition, le fossé reste immense.





















