Leclerc tourne le dos à Brembo pour la solution d’Hamilton

En difficulté au freinage, Charles Leclerc change de configuration et passe aux disques Carbone Industrie déjà utilisés par Lewis Hamilton chez Ferrari.

Face à un problème de confiance au freinage, Charles Leclerc a acté un changement technique important à l’approche du Grand Prix de Barcelone. Le pilote Ferrari va abandonner les disques de frein Brembo au profit de la solution Carbone Industrie (CI), déjà utilisée par son coéquipier Lewis Hamilton, avec l’objectif de retrouver davantage de constance dans ses phases de décélération.

Ce choix s’inscrit directement dans l’évolution des unités de puissance hybrides introduites en 2026. Avec une récupération d’énergie cinétique nettement plus importante, le système de freinage mécanique traditionnel est moins sollicité qu’auparavant. Résultat : les disques atteignent plus difficilement leur fenêtre de température optimale.

Google News
Suivez F1ACTU sur Google News
Recevez l’actualité F1 en temps réel
S’abonner

Pour Leclerc, cette nouvelle donne s’est transformée en véritable difficulté. Le manque de chaleur dans le système de freinage a entraîné une irrégularité lors des dernières courses, notamment au Canada, avant de provoquer son abandon à Monaco après une relance sous voiture de sécurité. Dans ces conditions, des freins trop froids peuvent également dégrader le comportement des pneus et rendre la monoplace difficile à exploiter à la limite.

Le passage à Carbone Industrie répond avant tout à une recherche de ressenti plus direct à la pédale. Les disques CI sont réputés pour leur mordant initial plus agressif, avec une montée en performance rapide une fois les températures élevées atteintes. Un comportement que Lewis Hamilton a toujours privilégié au cours de sa carrière.

À l’inverse, Brembo propose une approche plus progressive. Ses disques offrent une réponse plus linéaire sur l’ensemble de la plage de freinage et une meilleure constance thermique sur la durée d’un relais, avec une usure généralement plus maîtrisée. Un compromis qui, dans le cas de Leclerc, semble aujourd’hui moins adapté à ses sensations.

Une adaptation ciblée, sans remise en cause du partenariat Ferrari–Brembo

L’adoption de cette configuration a été constatée lors de l’assemblage de la monoplace de Leclerc dans les stands de Barcelone. Il s’agit toutefois d’un ajustement limité à un seul élément, sans impact sur le partenariat global entre Ferrari et Brembo.

Le fournisseur italien conserve en effet la responsabilité des étriers et de l’ensemble de l’architecture du système de freinage. Le changement concerne uniquement les disques, une zone où les équipes de F1 conservent une marge d’adaptation en fonction des préférences des pilotes.

Dans le paddock, ce type de bascule reste courant et relève avant tout de l’ergonomie individuelle. Max Verstappen avait d’ailleurs effectué le chemin inverse en 2024 chez Red Bull, après avoir testé Carbone Industrie avant de revenir à Brembo pour privilégier un ressenti plus constant.

Pour Leclerc, les essais de Barcelone seront donc déterminants : l’enjeu est désormais de vérifier si ce changement peut restaurer la confiance perdue sur les phases de freinage, un point clé dans son exploitation de la monoplace.

Author: Elisabeth Maingé, Consultante
Ingénieure de formation et passionnée de Formule 1 depuis son enfance, Élisabeth Maingé évolue au sein d’un grand constructeur automobile, où elle travaille dans le domaine de la recherche et du développement. Elle met son expertise technique au service de F1ACTU en analysant les performances des monoplaces, les choix aérodynamiques et les enjeux liés aux évolutions réglementaires. Son regard d’ingénieure apporte un éclairage précis sur les forces en présence dans le paddock, en reliant les données techniques aux performances en piste.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *