Le conflit entre Red Bull et la FIA pourrait finir en justice

Red Bull ne lâche rien face à la FIA concernant les moteurs 2026. Le conflit sur l’ADUO pourrait bientôt passer à l’étape supérieure

En Formule 1, on a l’habitude des coups de pression politiques, mais là, le bras de fer entre Red Bull et la FIA prend une tournure particulièrement tendue. Le point de friction concerne le système ADUO, chargé de déterminer quels motoristes peuvent bénéficier de possibilités supplémentaires de développement.

Pour le clan de Milton Keynes, le classement établi par la fédération ne correspond pas à la réalité observée en piste. Étant donné que la FIA refuse de revenir sur ses conclusions, l’idée d’un recours devant la Cour d’appel internationale commence à émerger.

Petit rappel : avec la nouvelle réglementation moteur, la F1 a mis en place le système ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities). L’idée était de mesurer les performances de chaque moteur et offrir des possibilités supplémentaires de développement aux motoristes jugés en retard. Sauf que… le premier diagnostic de la FIA a provoqué une véritable surprise dans le paddock.

Contre toute attente, la FIA a estimé que le moteur Red Bull-Ford était la référence du plateau. La conséquence est importante : l’écurie autrichienne ne bénéficie d’aucune possibilité supplémentaire de développement, tandis que les concurrents considérés comme moins performants peuvent obtenir des opportunités d’évolution.

Depuis le début de l’année, Mercedes domine largement la saison avec huit victoires en dix courses. Toto Wolff a même reconnu après Spa-Francorchamps que son équipe disposait du meilleur moteur global. Dans le paddock, certains observateurs soupçonnent Mercedes, voire Ferrari, d’avoir trouvé un moyen d’exploiter au mieux le système ADUO, même si aucune preuve publique ne vient confirmer cette théorie.

Le point qui agace Red Bull concerne notamment la méthode de calcul. L’évaluation de la FIA porte principalement sur le moteur thermique (ICE), alors que l’unité de puissance 2026 repose également sur une partie électrique largement revue. Or, les possibilités de développement accordées grâce au système ADUO peuvent ensuite être utilisées sur différents éléments de l’unité de puissance.

Mekies et la FIA : le dialogue de sourds

Chez Red Bull, Laurent Mekies n’a pas prévu d’en rester là. Pour sa première grande bataille politique depuis son arrivée à la tête de l’équipe après Christian Horner, le Français doit gérer un conflit particulièrement sensible.

L’ironie de l’histoire, c’est que Mekies connaît parfaitement les rouages de la FIA pour y avoir travaillé par le passé, ce qui lui donne une connaissance précise du fonctionnement de l’instance.

D’après la journaliste Julianne Cerasoli (sur le podcast Nailing the Apex), l’ambiance en coulisses est devenue particulièrement tendue : « Quand Red Bull demande à voir les chiffres, la FIA ne peut évidemment pas dévoiler les données confidentielles des autres motoristes. Du coup, elle leur dit : “Faites-nous confiance”. Ce à quoi Red Bull répond : “Nous ne vous faisons pas confiance, ce n’est pas possible”. C’est le gros conflit du moment, et je ne sais pas comment ils vont trouver une solution. »

La FIA se retrouve face à un problème délicat : impossible de prouver à Red Bull que son moteur est moins performant sans exposer les données confidentielles de Mercedes ou Ferrari.

Si Laurent Mekies reste convaincu que le classement ne reflète pas la réalité, l’affaire pourrait quitter les discussions du paddock pour arriver devant la Cour d’appel internationale de la FIA. La prochaine étape cruciale aura lieu après le Grand Prix de Hongrie, dernière course avant la trêve estivale. La FIA procédera alors à une nouvelle évaluation des performances.

Pour que Red Bull puisse récupérer des possibilités de développement, il faudrait que les mesures révèlent un retard d’au moins 2 % par rapport au meilleur moteur. Un scénario qui semble aujourd’hui difficile à envisager. Si le blocage persiste, la Cour d’appel internationale pourrait devenir l’ultime recours de Milton Keynes dans ce bras de fer autour des moteurs 2026.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

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