L’avenir de Gianpiero Lambiase chez Red Bull incertain

En larmes à Abu Dhabi, Gianpiero Lambiase traverse une période critique. Entre fatigue, vie privée et rumeurs Aston Martin, son avenir chez Red Bull interroge.

L’image a fait le tour des réseaux sociaux à l’issue du Grand Prix d’Abou Dabi 2025 : Gianpiero Lambiase, l’indéboulonnable ingénieur de Max Verstappen, en larmes sur le muret des stands. Si la défaite d’un cheveu face à Lando Norris pour le titre mondial explique une partie de cette émotion, le malaise semble bien plus profond. Entre une vie privée éprouvante et les sirènes d’un nouveau projet chez Aston Martin, celui que tout le paddock appelle « GP » pourrait bien avoir bouclé son dernier chapitre aux côtés du Néerlandais.

Le duo Verstappen-Lambiase est souvent comparé au tandem Hamilton-Bonnington pour sa longévité et sa complicité. Pourtant, en 2025, cette mécanique de précision a connu des ratés inhabituels. GP a dû s’absenter lors des Grands Prix d’Autriche et de Belgique pour des « raisons personnelles graves ». Max Verstappen lui-même a brisé le silence sur cette situation qu’il qualifie de « merdique », avouant qu’il n’avait pas réalisé à quel point il était difficile pour son ingénieur de concilier ses responsabilités professionnelles et sa situation familiale.

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Lambiase n’est pas qu’une voix dans une radio ; il cumule trois fonctions critiques chez Red Bull : ingénieur de course, chef de l’ingénierie de piste et responsable des opérations de course. Cette charge mentale, couplée à un calendrier de 24 courses, semble avoir atteint un point de rupture. À Abou Dabi, son message radio final — « Tu peux être fier de toi, garde la tête haute » — sonnait comme un adieu à une collaboration entamée en 2016.

L’incertitude sur l’avenir de Lambiase est renforcée par une rumeur insistante : un transfert imminent chez Aston Martin. L’écurie de Lawrence Stroll, qui accueillera Adrian Newey comme Team Principal début 2026, cherche un profil de haut niveau pour structurer son management. Newey et Lambiase se connaissent par cœur et partagent la même rigueur technique.

L’idée serait de confier à Lambiase un poste de Directeur des Opérations ou de Team Principal adjoint, lui permettant de prendre du recul par rapport au terrain tout en supervisant la stratégie globale. Newey l’a d’ailleurs confié récemment : il veut se concentrer sur le design de la future voiture de 2026 et a besoin d’un homme de confiance pour gérer les aspects quotidiens de l’écurie. Pour GP, ce serait l’opportunité de rester au sommet de la F1 tout en allégeant ses déplacements et en grimpant dans la hiérarchie.

Red Bull face à une hémorragie de talents

Si le départ de Lambiase se confirmait, ce serait un coup de massue supplémentaire pour une écurie Red Bull déjà affaiblie. Le départ à la retraite d’Helmut Marko fin 2025 marque la fin d’une époque, mais c’est surtout la fuite des cadres techniques qui inquiète :

  • Jonathan Wheatley (Directeur Sportif) part chez Audi.
  • Matt Caller (Chef mécanicien) suit Wheatley chez Audi.
  • Tom Hart (Ingénieur de performance) est annoncé chez Williams.

Perdre Lambiase reviendrait à couper le dernier lien direct de Max Verstappen avec la structure qui l’a porté vers ses quatre titres mondiaux. Cette instabilité interne pourrait peser lourd dans la balance alors que le quadruple champion du monde doit décider de son propre avenir pour 2027.

En cas de départ ou de promotion interne de Lambiase vers un rôle purement administratif, Red Bull possède déjà une solution de secours éprouvée : Simon Rennie. Ancien ingénieur de Daniel Ricciardo, Rennie travaille actuellement à l’usine de Milton Keynes sur le simulateur, mais il a déjà assuré l’intérim de GP en Autriche et en Belgique cette année avec brio.

Le passage de témoin serait techniquement fluide, mais psychologiquement complexe. Verstappen est connu pour son besoin de stabilité et ses échanges parfois virils mais nécessaires avec Lambiase. Remplacer une relation de dix ans à l’aube d’une révolution réglementaire comme celle de 2026 est un pari risqué qui pourrait laisser Verstappen orphelin de son meilleur allié technique.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
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