Bahreïn et Djeddah annulés : la FIA doit revoir une règle clé du règlement moteur 2026, ce qui pourrait redistribuer les cartes entre les équipes.

L’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite bouleverse logistique du championnat du monde de Formule 1, mais les conséquences ne s’arrêtent pas là. Cela pourrait aussi avoir un impact direct sur l’un des mécanismes techniques les plus sensibles du nouveau règlement moteur 2026.
Dans les coulisses du paddock, la FIA étudie actuellement l’impact de ces deux courses supprimées sur le dispositif appelé ADUO – pour Additional Development and Upgrade Opportunities. Ce système a été introduit afin d’éviter que les écarts entre motoristes ne deviennent trop importants dès le début de cette nouvelle ère technique.
Le principe de l’ADUO est relativement simple : offrir des possibilités supplémentaires de développement aux constructeurs dont le moteur accuse un retard significatif par rapport au meilleur bloc du plateau.
Pour bénéficier de ces mesures, un motoriste doit afficher un déficit d’au moins 2 % de puissance par rapport à la référence du moment. Si l’écart se situe entre 2 % et 4 %, certaines marges de développement sont accordées. Au-delà de 4 %, les avantages deviennent encore plus importants afin de permettre un rattrapage plus rapide.
L’objectif est d’éviter que le nouveau cycle réglementaire ne crée un fossé durable entre les différentes unités de puissance. Mais pour que ce mécanisme fonctionne, la FIA doit d’abord analyser les performances des moteurs sur plusieurs courses afin d’établir un diagnostic fiable.
Le calendrier du système soudain remis en question
C’est précisément là que l’annulation des courses de Bahreïn et de Djeddah complique la situation.
Dans le règlement, la première période d’évaluation de l’ADUO doit s’étendre du premier Grand Prix jusqu’au sixième. Sur le papier, la règle paraît simple. Mais le texte ne précise pas clairement s’il s’agit du sixième Grand Prix prévu au calendrier initial ou du sixième Grand Prix réellement disputé.
Cette nuance devient soudain pertinente.
Si l’on s’en tient au calendrier original, la première phase d’analyse s’achèverait lors du Grand Prix de Miami. Mais avec deux courses annulées en amont, les motoristes auraient alors été évalués sur un nombre d’épreuves plus réduit. À l’inverse, attendre le sixième Grand Prix effectivement disputé repousserait mécaniquement cette première décision.
Selon plusieurs informations provenant du paddock, la FIA a confirmé que la question était désormais sur la table et qu’elle allait être discutée avec les équipes. Deux solutions principales émergent actuellement. La première consisterait à redéfinir les courses servant de référence pour le déclenchement du système ADUO. La seconde option, jugée plus simple par certains acteurs du championnat, serait de baser le dispositif sur des dates fixes plutôt que sur un nombre de Grands Prix.
Cette approche permettrait d’éviter que chaque modification du calendrier ne vienne perturber l’application du règlement.
Un enjeu stratégique pour les motoristes
La décision finale pourrait avoir des conséquences importantes pour l’équilibre technique du championnat. Les motoristes actuellement en retrait – certains observateurs pointent notamment Honda – pourraient bénéficier plus tôt d’opportunités supplémentaires de développement si le système ADUO est déclenché rapidement.
À l’inverse, les constructeurs ayant pris une avance dans l’exploitation du nouveau règlement pourraient voir leur avantage réduit.
En apparence, l’annulation de deux courses ne semblait être qu’un problème de calendrier. Mais la guerre des moteurs reste centrale, et ce détail administratif pourrait finalement peser sur l’équilibre technique de toute la saison 2026.





















