La reconduction des pilotes Mercedes ferme-t-elle vraiment la porte à Verstappen ?

George Russell et Kimi Antonelli restent ! Mercedes verrouille son duo pour 2026, mais prépare déjà une possible arrivée de Max Verstappen en 2027.

Mercedes a confirmé George Russell et Kimi Antonelli pour la saison 2026. L’annonce, attendue depuis des semaines, vient clore un chapitre d’incertitude et met fin, en apparence, au long et épuisant feuilleton Max Verstappen. Toto Wolff a verrouillé son duo pour la nouvelle ère. Fin de l’histoire. Vraiment ?

Si vous croyez encore que les communiqués de presse et les contrats “pluriannuels” sont la vérité absolue en Formule 1, c’est que vous avez une mémoire bien courte. Il suffit de prononcer le nom de Lewis Hamilton. En août 2023, le septuple champion du monde signait un “contrat de deux ans” avec Mercedes. Cinq mois plus tard, il annonçait son départ fracassant pour Ferrari. Ce contrat, en réalité, était un “1+1”. Une année ferme, une année en option.

Alors, pourquoi le nouveau deal de George Russell, prudemment qualifié de “pluriannuel” sans qu’aucune durée ne soit précisée, serait-il différent ? Toto Wolff lui-même, lors d’une intervention ce week-end à Austin, a admis l’existence de “certaines clauses” liées à la performance, tout en voulant rassurer sur la stabilité. Le flou est volontaire. Il protège l’équipe. Il permet de garder les mains libres si une opportunité en or venait à se présenter.

Mais la véritable clé de lecture de cette annonce ne se trouve pas dans le contrat de Russell. Elle se trouve dans celui de Kimi Antonelli. Le contrat du jeune prodige italien, lui, est d’une clarté chirurgicale : il ne court que jusqu’à la fin de la saison 2026. Ce n’est pas un hasard. C’est un calcul. Il faut donc lire l’annonce de Mercedes non pas comme la fin du marché des transferts, mais comme le coup d’envoi du grand jeu de 2027.

La révolution de 2026, c’est avant tout celle des moteurs, et sur ce terrain, tous les pronostics placent Mercedes, fort de son expérience de 2014, en tête des favoris. À l’inverse, Red Bull se lance dans l’inconnu le plus total en devenant motoriste à part entière (en partenariat avec Ford). C’est un pari industriel d’une audace folle, un “nouveau risque” comme l’a admis Max Verstappen lui-même.

Le Néerlandais, lié à Red Bull jusqu’en 2028, observe. Son contrat est truffé de clauses de performance. Si, en 2026, la nouvelle unité de puissance Red Bull-Ford n’est pas au rendez-vous et que l’équipe chute dans la hiérarchie, ces clauses lui permettront de regarder ailleurs pour 2027.

C’est là que le plan de Toto Wolff devient redoutable. En 2027, au moment précis où Verstappen pourrait être disponible sur le marché, Mercedes aura un baquet qui se libère : celui de Kimi Antonelli (ou celui de Russell, si les fameuses clauses sont activées).

Toto Wolff n’est pas un sentimental, c’est un stratège. Il a passé des mois à courtiser ouvertement le Néerlandais. Il sait que le duo Russell-Verstappen serait explosif, un “Prost-Senna” comme il l’a lui-même qualifié, mais il sait aussi que c’est le duo ultime pour la gagne.

L’annonce de cette semaine ne ferme aucune porte. Elle gagne du temps. Elle sécurise un leader (Russell) et met à l’épreuve un rookie (Antonelli), tout en gardant une place au chaud pour la seule cible qui compte vraiment. La porte pour Verstappen n’est certainement pas fermée.

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