Renault ferme la porte à Horner chez Alpine

Christian Horner voyait Alpine comme une possible porte de retour en Formule 1, mais Renault aurait décidé de couper court au dossier

La vengeance est un plat qui se mange froid, même en Formule 1. Huit ans après la séparation mouvementée entre Red Bull et Renault, Christian Horner voit aujourd’hui la piste Alpine se refermer devant lui. Officiellement, il s’agit d’un dossier d’actionnariat et d’un droit de veto exercé par le Losange. Mais dans un paddock où les rancunes ne disparaissent jamais complètement, le symbole est difficile à ignorer.

L’ancien patron de Red Bull était cité depuis plusieurs semaines autour d’un possible rachat des 24 % du capital d’Alpine détenus par Otro Capital. Horner, soutenu par un groupe d’investisseurs, chercherait une manière de revenir en F1 avec une vraie participation financière, et pas seulement dans un rôle classique de directeur d’équipe.

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Alpine est en pleine reconstruction, Flavio Briatore joue désormais un rôle important dans la stratégie de l’écurie, et les liens entre les deux hommes sont bien connus. Briatore avait d’ailleurs reconnu l’intérêt de Horner pour le dossier. Mais les discussions ne passaient pas directement par Renault. Elles concernaient les parts détenues par Otro Capital. Et sur ce point, la maison mère conserve encore un pouvoir décisif.

D’après les informations rapportées par Andrew Benson pour la BBC, Renault dispose d’un droit de veto sur toute vente des parts d’Otro Capital jusqu’en septembre. Le groupe français aurait choisi de s’en servir pour bloquer toute cession à un groupe lié à Christian Horner. Cela signifie que, même si Horner parvient à convaincre Otro Capital, il ne peut pas entrer chez Alpine sans l’accord de Renault.

Cette position peut s’expliquer de plusieurs manières. Le Losange peut vouloir privilégier un autre type d’investisseur, protéger sa gouvernance ou éviter l’arrivée d’une personnalité très clivante dans un projet qu’il souhaite encore contrôler. Mais l’histoire entre Renault et Horner donne forcément une lecture plus piquante à l’affaire.

À la fin de l’ère Red Bull-Renault, les critiques avaient été nombreuses et souvent très dures. Horner, Helmut Marko et Max Verstappen avaient régulièrement visé le moteur français avant la rupture définitive de 2018. Red Bull est ensuite revenu au sommet avec Honda, laissant derrière lui une relation profondément abîmée avec Viry. Renault n’a pas besoin de le rappeler publiquement pour que le paddock fasse le lien.

Mercedes également hors course

Le dossier Alpine s’est aussi refermé pour Mercedes, mais pour une raison différente. La marque à l’étoile s’intéressait aux mêmes 24 %, avec une logique plus industrielle : consolider une relation de long terme autour de la fourniture moteur et créer des synergies avec une équipe cliente.

Un accord de principe aurait même été envisagé avec Renault, avant que le prix demandé par Otro Capital ne fasse échouer les discussions. Le fonds réclamerait environ 720 millions de dollars, soit près de 634 millions d’euros, pour sa participation. Une somme qui valoriserait Alpine autour de 3 milliards de dollars. Pour Mercedes, le montant était trop élevé.

Cette valorisation semble d’autant plus ambitieuse qu’Alpine reste une équipe en reconstruction. Le début de saison 2026 est certes bien plus encourageant que le cauchemar vécu en 2025, mais la structure n’a pas encore le niveau sportif ni la rentabilité des meilleures équipes du plateau.

Le retrait de Mercedes a aussi mis fin, au moins provisoirement, à un dossier qui inquiétait certains concurrents. Zak Brown avait notamment alerté la FIA sur les risques liés à un possible croisement d’intérêts entre équipes. Mercedes assurait ne pas vouloir faire d’Alpine une équipe junior, mais le sujet restait sensible.

Alpine reste dans les mains de Renault

Ce double coup d’arrêt rappelle surtout qu’Alpine n’est pas entièrement à vendre. Renault conserve 76 % de l’équipe et compte garder la majorité. Une éventuelle vente des parts d’Otro Capital ne donnerait donc pas les clés d’Enstone à un nouvel investisseur.

Philippe Krief l’a déjà laissé entendre clairement : Renault ne veut pas prendre une décision qui pourrait ensuite lui coûter cher. Le projet F1 reste intégré à la stratégie d’Alpine, et le Losange entend continuer à peser sur les décisions importantes.

Otro Capital peut chercher à vendre, mais jusqu’en septembre, Renault peut encore décider à qui la porte s’ouvre ou se referme. Pour Horner, elle semble aujourd’hui solidement verrouillée.

Horner obligé de regarder ailleurs

La fin de cette piste ne veut pas dire que Christian Horner renonce à revenir en Formule 1. Sa période de préavis est terminée, son envie de retrouver une place forte dans le paddock ne fait guère de doute, et son profil reste suffisamment influent pour attirer des projets ambitieux.

La piste la plus crédible pourrait désormais mener vers BYD. Le constructeur chinois a été associé à une possible arrivée en F1, et Horner a récemment été aperçu au Festival de Cannes avec Stella Li, vice-présidente du groupe.

Rien n’est encore concret, mais cette option semble davantage correspondre à ce que Horner recherche : un projet où il pourrait peser dès le départ, à la fois sur les plans sportif, commercial et capitalistique.

Author: Patrick Angler, Rédacteur en Chef
Fondateur de F1ACTU.COM, je suis la Formule 1 depuis plus de 35 ans. Cette expérience me permet d’apporter un regard à la fois passionné et analytique sur l’évolution du championnat, de ses enjeux techniques à ses coulisses. F1ACTU propose une couverture quotidienne de l’actualité F1 avec une attention particulière portée aux évolutions techniques, aux décisions réglementaires et aux mouvements du paddock. Chaque publication fait l’objet d’un travail éditorial rigoureux afin de garantir des contenus clairs, contextualisés et fiables. Média indépendant et spécialisé, F1ACTU s’attache à offrir une information réactive, accessible et fidèle à l’exigence qu’attendent les passionnés de Formule 1.

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