Lewis Hamilton reproche à Charles Leclerc une mentalité « à quitte ou double » après leur affrontement du premier tour au Grand Prix de Mexico. Le Britannique estime que cette attitude a compromis une victoire de Ferrari et réclame des discussions sérieuses

Un premier tour qui a ouvert la porte à Verstappen
Ferrari tenait un doublé. Partis de la pole position et de la troisième place, Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont finalement terminé deuxième et quatrième, avec Max Verstappen vainqueur entre eux. Pour le Britannique, le tournant de la course se situe au quatrième virage, lorsque les deux Ferrari se sont disputé la tête.
Leclerc avait gagné une place dès le début, quand George Russell a perdu de la vitesse à l’approche du premier virage. Il a ensuite tenté de dépasser son équipier par l’extérieur, a franchi le vibreur et conservé sa deuxième position. Au quatrième virage, la même tentative s’est conclue différemment : l’espace s’est refermé, Leclerc a coupé par le virage 5 pour éviter le contact et pris la tête. Les commissaires lui ont infligé cinq secondes de pénalité pour être sorti de la piste et avoir gagné un avantage.
Hamilton s’est alors fait dépasser par Verstappen. Le Néerlandais a ensuite récupéré la première place à la faveur de la pénalité de Leclerc et remporté la course. Ferrari a ainsi laissé échapper une occasion de signer un doublé, alors que son rythme lui permettait de viser la victoire. L’équipe ne compte toujours que deux succès cette saison.
« Soit je gagne, soit aucun de nous ne gagne »
Ce reproche s’appuie aussi sur ce qu’Hamilton avait observé avant de rejoindre Ferrari, notamment les duels entre Leclerc et Carlos Sainz : les deux pilotes se battaient parfois au point de permettre à celui qui était devant de creuser l’écart, alors que Ferrari disposait du rythme nécessaire pour gagner.
« Mais c’est une chose que cela arrive lorsqu’on se bat pour les quatrième et cinquième places, et c’en est une autre lorsque cela se produit en première et deuxième positions et que l’on perd la victoire. »
Puis vient le diagnostic : « Il a 28 ans, donc je ne pense pas que ce soit une question d’âge. Je pense que c’est une question de mentalité. C’est comme si c’était “à quitte ou double : soit je gagne, soit aucun de nous ne gagne”. Et ça ne devrait pas se passer comme ça. Nous devrions faire un doublé. »
Le Britannique reproche ainsi à son équipier d’avoir privilégié la possibilité de prendre la tête au détriment du résultat collectif. Il résume son sentiment après la course : « Quand votre coéquipier agit contre vous et que vous perdez ensuite des positions comme ça, c’est forcément difficile. »
Leclerc s’est, de son côté, défendu auprès de Sky Sports. « Il y avait un espace et, quand on se bat pour la victoire, je tenterai toujours ma chance », a expliqué le Monégasque. Les deux pilotes n’ont donc manifestement pas la même lecture de cette première boucle : pour l’un, le risque pris n’était pas justifié au regard des intérêts de Ferrari ; pour l’autre, une occasion de jouer la victoire devait être saisie.
Des tensions qui s’accumulent
Les deux pilotes se sont déjà heurtés ces derniers mois. À Zandvoort, Hamilton, bloqué derrière Leclerc, avait critiqué l’absence de consignes d’équipe. À Monza, il avait perdu plusieurs places après être passé dans les graviers au deuxième virage, dans un incident dont Leclerc avait reconnu être responsable.
Hamilton évoque également Silverstone pour illustrer la différence d’approche qu’il défend. Il estime qu’il aurait pu tenter une manœuvre très agressive contre son équipier, quitte à provoquer un accrochage et à faire perdre la victoire à Ferrari. Il affirme avoir préféré préserver le résultat collectif, considérant que Leclerc était plus rapide ce jour-là. Il rappelle ainsi qu’un pilote doit parfois renoncer à une occasion personnelle lorsque son coéquipier est en mesure de signer un meilleur résultat pour l’équipe.
Le Britannique souhaite désormais que le sujet soit abordé en privé, mais il ne sait pas précisément comment engager cette discussion ni ce qu’elle pourra changer. « Nous n’avons pas de règles de conduite en piste et je ne sais pas si cela changera quoi que ce soit du côté de Charles. Nous devons trouver une solution, mais quelque chose doit clairement changer. »
L’équipe accuse désormais 126 points de retard sur Mercedes, déjà assurée du titre constructeurs.








