Premier exemple de la politique anti-jurons de la FIA : Adrien Fourmaux écope de 10.000 € d’amende pour un mot de trop en pleine interview.

La FIA a frappé pour la première fois avec sa nouvelle réglementation sur le langage des pilotes. Adrien Fourmaux, engagé en WRC, est devenu le premier à être sanctionné pour avoir utilisé un mot jugé inapproprié lors d’une interview en direct. L’affaire relance le débat sur la politique de l’instance dirigeante du sport automobile, qui cherche à encadrer la communication des pilotes, quitte à provoquer des tensions.
Lors du Rallye de Suède, Fourmaux a été interrogé sur sa performance. Répondant spontanément, il a utilisé le mot “f**ed up”* pour décrire une erreur commise la veille. Une réaction banale dans l’univers du sport automobile, mais qui lui a valu d’être convoqué par les commissaires. Après analyse, la FIA a jugé cette déclaration contraire à son code de conduite et lui a infligé une amende de 10.000 euros, assortie d’une sanction supplémentaire de 20.000 euros avec sursis.
La fédération a justifié sa décision en rappelant son engagement à bannir tout langage inapproprié des plateformes publiques, arguant que le sport automobile est suivi par un public international aux sensibilités diverses. Malgré les excuses immédiates du pilote français, la sanction est tombée, marquant un tournant dans l’application de cette règle controversée.
Cette décision s’inscrit dans la lignée des réformes voulues par Mohammed Ben Sulayem. Déjà l’an dernier, le président de la FIA avait déclaré vouloir bannir les jurons dans le sport automobile, affirmant que la F1 et ses catégories associées ne devaient pas être comparées à du rap. Une position qui avait fait réagir, certains estimant que la FIA imposait des restrictions inutiles à la spontanéité des pilotes. Historiquement, les réactions – comme les célèbres « radio rage » de Sebastian Vettel – ont forgé des moments cultes. Mais la FIA rappelle que ces instants, désormais amplifiés par les réseaux sociaux, doivent respecter un cadre.
Cette nouvelle politique ne se limite pas aux jurons. Le code sportif de la FIA prévoit désormais des sanctions pour toute déclaration pouvant causer une “atteinte morale” à l’image de l’instance, un cadre flou qui inquiète autant les pilotes que les équipes. Le fait que la F1 soit placée dans la catégorie la plus sévère du barème laisse entrevoir des sanctions encore plus lourdes à l’avenir.
L’affaire Fourmaux pose désormais la question de l’impact de ces nouvelles règles sur la liberté d’expression des pilotes. Si l’intention de la FIA est de maintenir un discours professionnel et accessible à tous, certains observateurs craignent une dérive vers une censure excessive. L’application stricte de cette règle en F1, où les tensions et l’adrénaline sont omniprésentes, pourrait rapidement créer des situations absurdes.
First of all, I'd like to apology about the words I had at the end of last stage. It's been an intense week-end, very exhausting and merciless physically and mentally for all of us. pic.twitter.com/NyliGpdkLm
— Adrien FOURMAUX (@AdrienFourmaux) February 16, 2025