Valtteri Bottas devait sécuriser les débuts de Cadillac en Formule 1, mais son début de saison compliqué alimente déjà les doutes autour de son avenir.

Cadillac ne pensait probablement pas devoir faire face à ce type de rumeurs aussi rapidement. Seulement cinq Grands Prix après ses débuts en Formule 1, l’écurie américaine voit déjà son duo de pilotes faire parler, avec Valtteri Bottas au cœur des premières spéculations.
Le Finlandais avait pourtant été recruté pour apporter de l’expérience à un projet entièrement nouveau. En associant Bottas à Sergio Perez, Cadillac avait misé sur deux pilotes aguerris, capables d’aider l’équipe à structurer ses débuts en F1. Ce choix avait du sens. Mais en piste, les premières courses se révèlent bien plus difficiles que prévu.
Cadillac n’a toujours pas marqué le moindre point depuis son arrivée dans la discipline. La monoplace manque encore de performance, l’équipe découvre l’exigence extrême de la Formule 1, et ses pilotes doivent composer avec une voiture qui reste loin des standards du milieu de grille.
C’est Bottas qui semble toutefois plus exposé que son coéquipier. Son meilleur résultat jusqu’ici est une 13e place en Chine, et il n’a devancé Perez qu’à deux reprises en qualifications depuis le début de saison. Au Canada, sa 16e place, dernier des pilotes classés et à quatre tours du vainqueur, a forcément pesé lourd, d’autant que plusieurs concurrents avaient abandonné. Dans une équipe en construction, ces écarts ne suffisent pas toujours à condamner un pilote. Mais ils deviennent plus difficiles à défendre quand le projet repose justement sur l’expérience et la capacité à guider le développement.
D’après Sky Sport Italia et Bild, la situation de Bottas serait suivie de près en interne. Colton Herta, pilote d’essai Cadillac et actuellement engagé en Formule 2 avec le soutien du constructeur américain, serait considéré comme une option logique si l’écurie décidait de revoir ses plans.
Mais ce scénario reste loin d’être évident. Herta ne possède pas encore la Super Licence indispensable pour courir en Formule 1. Ses performances en F2 ne donnent pas non plus, pour l’instant, l’image d’un pilote prêt à être lancé immédiatement comme titulaire. Son profil est attractif pour Cadillac, notamment en raison de son passeport américain, mais le dossier reste plus compliqué qu’il n’y paraît.
L’affaire reste cependant à manier avec prudence : Cadillac a d’ailleurs fermement démenti ces informations auprès de Motorsport Week. Un élément essentiel, car il rappelle qu’un départ de Bottas ne peut pas être présenté comme une décision déjà prise.
Bottas savait que le projet serait difficile
De son côté, Bottas ne semble pas découvrir la difficulté du chantier. Avant le Grand Prix du Canada, il avait rappelé qu’il savait parfaitement dans quoi il s’engageait. « Il n’y a pas de frustration, c’est ce pour quoi j’ai signé. »
Le Finlandais affirme que des progrès existent en coulisses, même s’ils ne se traduisent pas encore toujours clairement en piste. Il a notamment évoqué les évolutions introduites à Miami, tout en reconnaissant qu’elles ne fonctionnaient pas encore avec la régularité espérée.
La vraie question n’est donc pas uniquement de savoir si Bottas risque réellement de perdre son baquet à court terme. Cette rumeur révèle surtout l’état de tension autour du début de saison de Cadillac.
L’écurie avait choisi deux pilotes expérimentés pour réduire le risque des erreurs de jeunesse et accélérer sa progression. Pourtant, après cinq courses sans point, ce pari n’a pas encore porté ses fruits. Perez n’échappe pas totalement aux critiques, mais Bottas apparaît aujourd’hui comme le pilote le plus ouvertement remis en cause.





















