Entre souci moteur pour Alonso et drapeau rouge provoqué par Stroll, la préparation hivernale tourne au casse-tête pour l’écurie britannique

Le rutilant bâtiment de Silverstone et les investissements colossaux de Lawrence Stroll semblent bien loin de la réalité du circuit de Sakhir cet après-midi. Aston Martin, portée par l’arrivée d’Adrian Newey et un partenariat moteur d’usine avec Honda, vit un véritable calvaire. Le constat, partagé par les pilotes comme par la direction, est sans appel : l’AMR26 est lente, fragile et en retard.
La matinée de Fernando Alonso a donné le ton. Avec seulement 28 boucles au compteur, l’Espagnol a passé l’essentiel de son temps à observer ses mécaniciens s’affairer sur un groupe propulseur Honda capricieux. Ce manque de roulage est critique dans un contexte de saut dans l’inconnu. En concevant pour la première fois sa propre boîte de vitesses et sa propre suspension — des pièces autrefois fournies par Mercedes — l’équipe doit valider des milliers de lignes de code et de contraintes mécaniques inédites. Sans kilométrage, pas de données ; sans données, pas de performance.
En piste, l’AMR26 ne rassure pas. Nerveuse, instable du train arrière, elle impose à Alonso des corrections constantes au volant. Le “génie” Newey, pourtant maître de l’aérodynamique, semble ici aux prises avec un concept peut-être trop agressif, dont les bruits de couloir suggèrent qu’il poserait d’importants problèmes de refroidissement.
L’après-midi n’a fait qu’accentuer ce sentiment de crise. Lance Stroll a déclenché un drapeau rouge après seulement sept tours de roue, s’échouant dans les graviers du virage 11. Un incident étrange : le moteur Honda a semblé perdre toute motricité lors d’un rétrogradage. Stroll est apparu particulièrement marqué en sortant du cockpit, conscient que son équipe accumule désormais trois fois moins de tours que ses principaux concurrents.
Pourquoi une telle déroute ? Le mal semble profond et trouve ses racines dans le calendrier de développement. La nouvelle soufflerie d’Aston Martin n’a pu accueillir le modèle 2026 qu’en avril dernier, soit quatre mois après la concurrence. Adrian Newey, arrivé officiellement en mars, a dû compresser un programme de conception colossal en seulement dix mois.
“Nous sommes arrivés tard à la fête,” a admis Mike Krack, le directeur de l’écurie. Ce retard se paie aujourd’hui au prix fort : des problèmes électroniques, mécaniques et aérodynamiques surgissent dans tous les secteurs de la voiture, empêchant tout travail de fond sur la performance pure.
L’ambiance n’est plus à l’optimisme de façade. Une vidéo circulant actuellement dans le paddock illustre parfaitement la situation : on y voit Lawrence Stroll et Adrian Newey en pleine discussion animée derrière le garage. Les traits tirés, les regards fuyants et les mines déconfites ne laissent planer aucun doute sur l’ampleur du désaccord ou de l’inquiétude. Pour un projet censé jouer les titres mondiaux, l’image est dévastatrice.
Pedro de la Rosa a résumé la situation avec une honnêteté désarmante : “Nous sommes lents. Nous ne sommes pas là où nous voulons être.” Si l’équipe assure qu’il s’agit d’un projet sur dix ans, le temps presse déjà. À deux jours de la fin des essais, Aston Martin ne cherche plus à battre des records, mais simplement à éviter que son ambitieux projet 2026 ne s’effondre avant même le départ pour Melbourne.
Gros debrief ce mercredi soir du côté de l’écurie Aston Martin… 👀
— Tear Off (@TearOffFR) February 18, 2026
Quand on voit la tête d’Adrian Newey, je pense que ça se passe de commentaires 😬
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